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Bientôt des journées de 25 heures ? La rotation de la Terre ralentit, et c’est un gros problème

Les journées de 24 heures ne sont pas gravées dans le marbre.

Environ 1,8 milliseconde de plus par siècle. Depuis des milliards d’années, le temps est en expansion sur Terre, et les années durent de plus en plus longtemps. Force est d’admettre qu’à l’échelle humaine, le phénomène ne sera jamais perceptible. Aucune horloge biologique, aucun réveil ni aucun agenda ne pourra jamais le détecter directement. Et pourtant, cumulé sur des centaines de millions d’années, ce grain de sable dans les rouages est en train de réécrire la durée de nos journées.

Ce ralentissement, la Terre le doit à la Lune. Selon plusieurs études astronomiques et géophysiques, la journée solaire de 24 heures s’allonge progressivement sous l’effet de ce que les scientifiques appellent le freinage par marées, un phénomène décrit notamment par la NASA et documenté depuis plus de deux millénaires grâce aux archives d’éclipses anciennes. Les projections les plus courantes évoquent une échéance à environ 200 millions d’années pour atteindre des journées de 25 heures pleines, à condition que le système Terre-Lune continue d’évoluer selon la même dynamique. Pas besoin de mettre tout de suite à jour votre réveil donc.

La faute aux marées

Le mécanisme repose sur l’attraction gravitationnelle qu’exerce la Lune sur les océans terrestres. Ce léger décalage génère des frottements entre les masses d’eau en mouvement et les fonds marins, dissipant de l’énergie et agissant comme un frein progressif sur la vitesse de rotation de notre planète. En miroir, cette énergie perdue par la Terre est transférée à la Lune, qui s’éloigne de nous un peu plus chaque année, à un rythme d’environ 3,8 centimètres par an selon les mesures réalisées lors des missions Apollo.

Le climat s’en mêle aussi

Le freinage lunaire n’est cependant plus le seul acteur de l’histoire. Des études financées par la NASA ont récemment démontré que le changement climatique influence lui aussi la vitesse de rotation terrestre, via un mécanisme totalement différent. La fonte accélérée des glaciers, ainsi que des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, redistribue une masse d’eau considérable des pôles vers les océans équatoriaux. Ce qui a pour effet de ralentir encore un peu plus la rotation de la planète.

Le problème, c’est que si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, cet effet pourrait grimper jusqu’à 2,62 millisecondes par siècle d’ici la fin du XXIe siècle, dépassant alors l’influence historique de la Lune elle-même.

Ces variations, aussi minuscules soient-elles, obligent régulièrement les scientifiques à ajouter des secondes intercalaires aux horloges atomiques pour maintenir la cohérence entre le temps astronomique et le temps de référence utilisé par nos systèmes informatiques et satellites. Un ajustement de plus en plus délicat à gérer à mesure que les causes du phénomène se multiplient.

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