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Le “jour du dépassement” recule, mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle

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Le jour du dépassement a reculé cette année. Bonne nouvelle ? Pas forcément, déplorent les spécialistes.

Cette année, le jour du dépassement arrive cinq jours plus tard qu’en 2022. Alors qu’il avait été fixé au 28 juillet l’année dernière, l’année 2023 profite de quelques jours supplémentaires. C’est finalement ce mercredi 2 août qu’il sonne le glas de l’année 2023. À partir de demain, l’Humanité vivra à crédit sur sa consommation d’énergie. Si ce léger recul peut sonner comme une bonne nouvelle, la réalité n’est pas franchement réjouissante.

Le jour du dépassement, c’est quoi ?

Chaque année depuis 1986, le jour du dépassement est la date calculée par l’ONG américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l’Humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources renouvelables que la planète est capable de produire en un an. Fixée au 31 décembre il y a un peu plus de quarante ans, elle n’a cessé de gagner du terrain au fil des années.

Seule parenthèse inattendue : en 2020, alors que le monde était à l’arrêt à cause de la pandémie, il s’était offert un mois de répit, passant du 29 juillet au 22 août. L’accalmie avait toutefois été de courte durée, puisque dès l’année suivante, le jour du dépassement était de retour là où le monde l’avait laissé.

Pourquoi ce recul ?

C’est la première fois (hors période de covid-19) qu’un recul du jour du dépassement est observé. Sur le papier, cela sonne comme une bonne nouvelle. Reste que ce changement de date n’est pas dû à une prise de conscience mondiale. Selon les organismes Earth Overshoot Day et Global Footprint Network, think tank américain, qui publient ses données chaque année, le léger bond en arrière enregistré serait en très grande majorité dû à “l’intégration de données améliorées dans la nouvelle édition des comptes“.

Concrètement, sur les cinq jours de recul, seul un serait lié aux efforts de l’espèce humaine. À défaut d’empirer les choses, la situation est très insuffisante pour nous laisser une chance d’inverser la tendance actuelle. Selon l’Ademe (Agence de transition écologique), 19 jours de recul seraient nécessaires chaque année pour espérer tenir la feuille de route recommandée par les experts et les expertes du Giec. Pour rappel, l’organisme a tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises : si nous ne parvenons pas à une réduction des émissions mondiales de 43 % d’ici 2030, la planète a de fortes chances de ne pas s’en remettre.

La France manque de sérieux

Toujours selon Earth Overshoot Day, la France ferait partie des mauvais élèves sur la question climatique. Si l’ensemble de l’Humanité vivait comme nous, 2,9 planètes seraient nécessaires pour produire ce que nous consommons chaque année. Le jour du dépassement se situerait, quant à lui, aux alentours du 5 mai. Qu’il s’agisse de réfléchir à notre consommation individuelle (vêtements, électroniques, transports), ou d’imaginer des initiatives à plus grande échelle, le jour du dépassement est une raison supplémentaire pour ouvrir (encore) le débat sur la question de l’urgence climatique.

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