En 2012 Apple a présenté sa solution de navigation, « Plans ». Avec cette application maison, la marque à la pomme voulait concurrencer Google et son service « Maps » qui dominait largement le marché. Un pari gagnant pour Apple qui aurait réussi à convertir des millions d’utilisateurs à sa nouvelle application.
Selon des documents de l’époque, qui viennent d’être rendus publics par une enquête antitrust contre Google, le service « Maps » aurait perdu près de 60 % de son trafic lors de la mise en place de « Plans » comme solution par défaut sur les iPhone. En 2014, pour trouver de nouveaux utilisateurs, Apple décide de favoriser son application de navigation en la préinstallant sur tous ses iPhone.
Une mise à jour qui aura un grand succès, près de deux ans plus tard, Google ressentait encore les stigmates de ce changement sur l’iPhone. Dans un mail récupéré pour le compte de l’enquête, Michael Roszak, vice-président de Google et responsable des finances de l’entreprise expliquaient que Google Maps n’avait retrouvé que « près de 40 % de ses utilisateurs » par rapport à la date de lancement d’Apple Plans.
Google doit rester sur Safari, c’est vital
Ces chiffres ont permis à Google de se rendre compte de l’impact des iPhone et des politiques préférentielles d’Apple. Afin de conserver une grande base d’audience sur le moteur de recherche Google, l’entreprise du même nom a donc décidé de payer Apple pour rester la solution par défaut dans son application de navigation sur internet Safari.
Apple avait un temps pensé à développer sa propre solution concurrente à Google, mais l’entreprise californienne a rapidement coupé son effort, face à l’arrivée de gros chèques en provenance de son voisin. Cette politique est toujours en vigueur aujourd’hui du côté de l’Apple Park et Google reste le moteur de recherche par défaut lors de l’utilisation de Safari.
Safari : le 2e navigateur le plus populaire au monde
Selon les dernières estimations, datant de juin 2023, Safari est aujourd’hui utilisé par 1,1 milliard de personnes sur Terre. Cela correspond à une personne sur 8. Safari est donc devant Microsoft Edge (pourtant la solution par défaut sur de nombreux PC), mais encore loin derrière Google Chrome qui reste le navigateur le plus utilisé au monde ?
Lors de la dernière publication de ses résultats trimestriels, Google annonçait plus de 3 milliards d’utilisateurs actifs sur son navigateur. En touchant près d’une personne sur 2 (avec Google Chrome et les recherches Safari), Google a la main mise sur des données personnelles de milliards de personnes ainsi que sur leur historique de recherche.
Des datas cruciales dans le business model de l’entreprise, tournée à 100 % vers la publicité ciblée. Perdre Safari pourrait avoir les mêmes conséquences qu’en 2012, lors de l’arrivée d’Apple Plans. Cette perte de millions d’utilisateurs aurait des conséquences financières énormes pour l’entreprise.