Passer au contenu

Mais au fait, on passe quand à l’heure d’hiver ?

2 min
7 commentaires
Partagez

Chaque année, à la fin du mois d’octobre, nous effectuons un rituel qui divise encore : nous devons retarder nos montres et horloges d’une heure pour passer à la fameuse “heure d’hiver”. Alors que certains se réjouissent d’une heure de sommeil supplémentaire, d’autres déplorent les journées plus courtes et le manque de lumière en fin d’après-midi. Mais pourquoi faisons-nous toujours ça, malgré les nombreuses critiques ?

Le concept de changer l’heure pour économiser l’énergie remonte à Benjamin Franklin. Dans une lettre de 1784 adressée à un journal parisien, il suggérait humoristiquement que si les Parisiens se levaient plus tôt, ils économiseraient sur les bougies. Toutefois, ce n’est qu’en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, que l’Allemagne et ses alliés ont adopté officiellement le changement d’heure pour économiser le charbon. D’autres pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont rapidement suivi.

Le cas français : une mesure fluctuante

La France, après avoir adopté le changement d’heure en 1916, l’a abandonné après la guerre, pour ensuite le réintroduire pendant la Seconde Guerre mondiale sous l’occupation allemande. Abandonné à nouveau après la guerre, le changement d’heure a refait surface dans les années 1970, suite au choc pétrolier, dans un effort pour réduire la consommation d’énergie. Depuis, la France a adopté la directive européenne, qui harmonise les dates de changement d’heure à travers l’Union.

Des controverses et un débat paneuropéen

Avec le temps, les avantages économiques et énergétiques du changement d’heure ont été remis en question. Des études montrent que les économies d’énergie sont minimes. De plus, de nombreux Européens estiment que le changement perturbe leur horloge biologique, affecte leur santé mentale et augmente le risque d’accidents de la route le matin.

Face à ces préoccupations, l’Union européenne a lancé en 2018 une consultation publique à l’échelle de ses membres. Le résultat fut sans appel : plus de 80 % des répondants ont souhaité la fin du changement d’heure. Cependant, la décision finale revient à chaque État membre.

Le passage à l’heure d’hiver dans le monde

Hors d’Europe, plusieurs pays ont adopté, modifié ou abandonné le changement d’heure. Aux États-Unis, il a été introduit en 1918, abandonné, puis réintroduit à plusieurs reprises, notamment pendant la crise pétrolière des années 1970. Aujourd’hui, la plupart des États américains observent le changement d’heure, à l’exception notable de l’Arizona et de Hawaï.

D’autres pays, comme le Japon, n’ont jamais adopté le changement d’heure. Certains, comme la Russie et l’Islande, l’ont abandonné définitivement.

Vers une abolition en Europe ?

Alors que de plus en plus de pays et de régions remettent en question le bien-fondé du passage à l’heure d’hiver, l’Europe pourrait-elle bientôt abandonner cette pratique ? La consultation de l’UE en 2018 a montré un vif désir de changement parmi les citoyens. En mars 2019, les eurodéputés ont même voté pour la suppression du changement d’heure saisonnier avec mise en application en 2021! Mais la fin du changement d’heure a ensuite été ajournée en raison notamment de la crise sanitaire de la Covid-19. Ce texte sur la fin du changement d’heure n’est plus à l’ordre du jour. Aujourd’hui, elle nécessiterait de nouveaux échanges entre pays membres et une coordination paneuropéenne pour éviter les désagréments liés à la disparité des fuseaux horaires.

Sans nouvelle loi à ce jour, rendez-vous donc le dimanche 29 octobre 2023 à 3 heures du matin. Il vous faudra enlever 60 minutes à l’heure légale, il sera alors 2 heures !

Articles sauvegardés