Passer au contenu

Construire un Starship par jour, l’objectif fou de SpaceX

3 min
22 commentaires
Partagez

Grâce à sa Starfactory flambant neuve, l’entreprise d’Elon Musk va pouvoir commencer à produire sa fusée colossale en quantités industrielles.

Jeudi 6 juin, SpaceX a frappé fort avec le quatrième vol d’essai de son Starship. La mission n’était certes pas parfaite, loin s’en faut, mais elle a tout de même vu le véhicule et son booster Super Heavy revenir sur Terre après s’être envolés pour la toute première fois — un grand pas en avant sur la route ô combien ambitieuse d’Elon Musk.

Et ce succès semble avoir donné des ailes à son entreprise. Cela fait belle lurette que le sulfureux dirigeant clame haut et fort que son engin deviendra un jour l’arche qui permettra à l’humanité de devenir une espèce interplanétaire. Mais pour en arriver là, lancer quelques poignées de Starships ne suffira pas. Il faudra en produire en très grandes quantités — et c’est précisément ce que compte faire SpaceX, qui a déjà commencé à préparer le terrain pour la production de masse.

La Starfactory, une pouponnière à méga-fusées

Le cœur battant de ce nouvel effort industriel, c’est une nouvelle ligne de production XXL baptisée Starfactory. Elle est actuellement en cours de construction sur la Starbase, la base de la firme à Boca Chica. La construction devrait être terminée d’ici quelques mois. « La dernière phase de l’usine actuellement en construction sera mise en service cet été, nous donnant plusieurs 10 000 m² supplémentaires », a déclaré Jessie Anderson, responsable de l’ingénierie structurale des Falcon.

https://twitter.com/RGVaerialphotos/status/1499124469083914241

Une fois cette échéance atteinte, SpaceX pourra commencer à y installer tout le matériel nécessaire pour produire une vraie armée de Starships. Et le terme n’est pas exagéré, si l’on en croit l’entreprise. Une fois entièrement opérationnelle, la Starfactory aura pour mission d’accélérer la production de sa méga-fusée à un niveau à peine concevable.

« Cela nous permettra d’augmenter considérablement notre taux de production à mesure que nous nous dirigeons vers notre objectif à long terme de produire un vaisseau par jour », a expliqué Kate Tice, responsable du contrôle qualité.

Oui, vous avez bien lu : SpaceX compte assembler un Starship toutes les 24 heures en moyenne. Pour illustrer à quel point cet objectif est sidérant, SpaceX produit aujourd’hui environ un deuxième étage de Falcon 9 par semaine. Et même s’il s’agit d’un des lanceurs les plus performants du moment, il reste tout de même beaucoup moins sophistiqué, et donc moins complexe à construire, que le Starship…

Le Starship V2 n’est plus très loin

Et pourtant, SpaceX n’a aucune intention de cesser les mises à jour du Starship. Une nouvelle itération, le Starship Version Two, est d’ailleurs en préparation. Si SpaceX a pris soin de marquer la distinction avec les modèles actuels, c’est parce qu’elle ne va plus se limiter à des modifications d’un même squelette. Même si le design est sensiblement le même, la V2 sera légèrement plus grande, embarquera davantage de carburant et de charge utile, et produira environ 15 % de poussée supplémentaire.

Starship V2 V3
© SpaceX

Sa date de mise en service n’a pas encore été annoncée officiellement. Mais si l’on en croit Jessie Anderson, responsable de l’ingénierie de fabrication des structures Falcon de SpaceX, il ne faudra plus attendre très longtemps. Elle a récemment déclaré que le premier exemplaire sortirait des lignes de production de la Starfactory « prochainement ».

Et une fois que ce Starship V2 aura fait ses preuves, il cédera encore une fois sa place à un nouveau modèle encore plus colossal, le Starship 3. D’après une infographie prévisionnelle dévoilée par l’entreprise il y a quelques mois, il sera encore 30 mètres plus haut que le modèle actuel. Il pourra aussi emporter jusqu’à 200 tonnes (!) de charge utile en orbite, notamment grâce à une poussée initiale augmentée de 30 %. Enfin, le deuxième étage aura aussi droit à trois moteurs Raptor Vac supplémentaires. Pour rappel, il s’agit de la variante optimisée pour fonctionner hors de l’atmosphère. En théorie, cela lui permettra de réaliser les allers retours entre planètes envisagés par Musk et la NASA dans le cadre du programme Artemis et, à plus long terme, de la conquête de Mars.

Articles sauvegardés