C’est une belle prise pour l’ACE. Larissa Knapp, qui a passé 27 ans au FBI où elle était le quatrième plus haut responsable, va désormais superviser le combat contre le piratage et les services IPTV illégaux.
Les ayants droit sortent les canons
« L’extraordinaire parcours de Larissa à la tête d’équipes d’investigation à travers le monde et ses succès dans la poursuite d’affaires criminelles porteront sans aucun doute les efforts de protection des contenus de l’ACE à un nouveau sommet d’excellence », s’emballe Charles Rivkin, président et CEO de la Motion Picture Association (MPA).
La nouvelle dirigeante s’est dit de son côté honorée de rejoindre une telle organisation, qui cherche à protéger des œuvres représentant « certaines des formes d’expression artistique les plus influentes et les plus accessibles, qui relient les créateurs aux publics d’une manière très profonde ».
Les grandes entreprises de production de contenus peinent à rendre leurs services de streaming rentables ; la lutte contre le piratage devient donc une priorité de plus en plus pressante. L’ACE, en première ligne sur ce front, espère que l’expertise de sa nouvelle recrue du FBI apportera des idées nouvelles et une impulsion décisive pour enrayer le piratage. Quitte à multiplier les accusations criminelles, alors que les ayants droit privilégient habituellement les poursuites au civil.
L’ACE doit donc s’assurer que lorsqu’ils intentent des poursuites, toutes les pièces sont en ordre et ce sera le boulot de la nouvelle responsable. « Ma carrière dans les forces de l’ordre m’a donné l’opportunité de diriger des initiatives stratégiques pour protéger les droits légaux et lutter contre la criminalité à grande échelle », explique-t-elle. Alors que les entreprises de médias cherchent désespérément à redevenir profitables, leur lutte contre le piratage ne fera que s’intensifier.
L’ACE est la plus grande coalition mondiale dédiée à la protection des contenus créatifs. On compte parmi ses membres les noms les plus influents de l’industrie du divertissement, comme Netflix, Amazon, Disney, Warner Bros, NBCUniversal et Sony Pictures.
Si cette bataille est globale, elle est aussi plus régionale. Depuis plusieurs mois en France, poussés par une législation favorable, les diffuseurs et les plateformes portent les affaires de streaming et d’IPTV illégaux devant les tribunaux pour faire bloquer l’accès aux plateformes par les fournisseurs d’accès. Canal+ est même allé plus loin en exigeant (et en obtenant) le blocage d’annuaires de DNS alternatifs, une manière plus efficace d’empêcher l’accès à ces sites pirates.