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IPTV illégale : DAZN veut frapper là où ça fait mal

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Le fléau du piratage et de l’IPTV illégale persiste et nécessite des améliorations pour lutter efficacement contre la menace qui pèse sur les comptes des diffuseurs. En Italie, DAZN a confirmé la problématique et demande des actions fortes y compris contre les clients de ces offres.

Romano Righetti, directeur des affaires externes et publiques de DAZN, a présenté les difficultés rencontrées par la société pour contrer le piratage lors d’une séance au Sénat italien sur l’avenir du football. Le système anti-piratage actuel, baptisé « Bouclier contre le piratage » est certes novateur, mais il s’avère insuffisant face à la sophistication des pirates. Ces derniers utilisent des outils avancés qui reposent souvent sur des technologies d’intermédiaires américains comme Cloudflare, pour contourner les blocages.

Des trous dans le « Bouclier contre le piratage » italien

Le dirigeant a expliqué que « certains estiment que le nombre de téléspectateurs illégaux pourrait atteindre deux à trois millions », soulignant la difficulté de détecter ces activités illicites. Il a ajouté que la législation anti-piratage adoptée en août dernier et le lancement de la nouvelle plateforme de blocage IPTV supervisée par l’AGCOM, le régulateur des communications italien, étaient des avancées significatives. Il est cependant crucial de reconnaître que les pirates sont des opérateurs très sophistiqués, ce qui rend les systèmes de blocage actuels souvent inefficaces.

Pour pallier ces insuffisances, DAZN propose de rendre obligatoire l’enregistrement des intermédiaires de services de communication électronique, qui permettent aux pirates de se cacher du Bouclier contre le piratage, sur la plateforme. Cette mesure viserait principalement les sociétés américaines dont les services permettent aux pirates de contourner les blocages.

Selon des chiffres récents publiés par le groupe anti-piratage FAPAV, environ 285 millions d’euros échappent à la Serie A chaque année en raison du piratage. Romano Righetti a souligné que « l’action forte contre le piratage bénéficierait non seulement au trésor public, mais permettrait également de réinjecter des revenus dans l’écosystème du football ».

DAZN espère que la signature prochaine d’un protocole d’accord entre l’AGCOM, la Guardia di Finanza (force de police rattachée au ministère de l’Économie) et le Parquet permettra de poursuivre non seulement ceux qui proposent des services de piratage, mais aussi ceux qui les utilisent. « Une étape absolument fondamentale » selon Righetti, pour décourager le public de recourir à ces services illégaux.

La proposition de DAZN suggère également que Cloudflare et d’autres intermédiaires similaires soient contraints de participer à la plateforme Bouclier contre le piratage. En se branchant au système, ces sociétés devraient bloquer les adresses IP et les domaines identifiés dans les 30 minutes suivant leur signalement. Une telle collaboration, difficile à imaginer pour des entreprises axées sur la connectivité, pourrait être rendue obligatoire par l’AGCOM.

En mai dernier, la Serie A a entrepris des actions légales contre Cloudflare, soulignant les défis techniques posés par les services de l’entreprise. DAZN propose donc d’aller plus loin en obligeant les intermédiaires de communication électronique à s’enregistrer sur la plateforme anti-piratage. Cette mesure permettrait de réduire l’efficacité des outils utilisés par les pirates et de renforcer les actions de blocage.

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