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Après le fisc, ZeroBytes revendique un piratage massif de l’Éducation nationale

Après avoir mis en vente les données de 678 000 contribuables volées à la DGFiP, le duo de hackers ZeroBytes affirme avoir également infiltré le ministère de l’Éducation nationale et exfiltré 346 millions de lignes.

Deux semaines à peine après avoir mis le fisc à genoux, on prend les mêmes et on recommence. ZeroBytes, le groupe de pirates informatiques à l’origine du vol de données de la Direction générale des finances publiques, a publié mardi 18 août sur X une nouvelle revendication : celle d’une intrusion dans les systèmes d’information du ministère de l’Éducation nationale, survenue « il y a quelques semaines ».

Dans leur message, les pirates affirment avoir aspiré 346 millions de lignes brutes issues des serveurs du ministère, et surtout être passés totalement inaperçus le temps de l’opération. Plus inquiétant encore, ils expliquent être restés infiltrés sous les yeux de l’administration, malgré une détection initiale.

Un silence qui interroge

Le ministère, de son côté, n’a pas découvert l’affaire mardi. Le 31 juillet déjà, il annonçait avoir été « victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information », précisant que cette intrusion avait pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre encore indéterminé de personnes. Entre cette première annonce, volontairement floue, et la revendication publique des pirates, il aura donc fallu attendre près de trois semaines pour que l’ampleur réelle du piratage se confirme.

Après cette annonce, le ministère a indiqué poursuivre ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées, tout en assurant avoir lancé un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information. Un discours de circonstance que l’on commence à connaître par cœur.

Un été compliqué pour vos données

Le cas ZeroBytes ne sort pas de nulle part. Le groupe a fait irruption dans l’actualité début août en piratant impots.gouv.fr. Deux intrusions distinctes, l’une fin juin et l’autre fin juillet, lui avaient permis de dérober les données personnelles de 678 000 particuliers et professionnels, ainsi que celles d’environ 200 000 comptes issus des fichiers cadastraux. Noms, revenu fiscal de référence, quotient familial ou encore taux de prélèvement à la source s’étaient alors retrouvés en vente sur un forum spécialisé.

L’Éducation nationale, elle, n’en est malheureusement pas à son coup d’essai non plus. En mars, le logiciel RH Compas avait déjà exposé les données de 243 000 enseignants stagiaires, restées accessibles pendant quatre jours sans que personne ne s’en aperçoive. En avril, c’est la plateforme EduConnect qui avait cédé, avec cette fois les informations de 3,5 millions d’élèves mineurs dans la nature.

Ce nouvel épisode ZeroBytes vient donc s’ajouter à une liste qui s’allonge de mois en mois, du ministère de l’Intérieur à celui des Sports, en passant par la Santé et désormais, à deux reprises, l’Éducation nationale. À chaque fois, le scénario se répète presque à l’identique : une intrusion découverte tardivement, une communication minimaliste dans un premier temps, puis une revendication publique des pirates qui oblige l’administration concernée à sortir du silence. Reste à savoir combien de temps ce mode de fonctionnement, purement réactif, pourra encore tenir face à des groupes qui, eux, n’ont visiblement aucun mal à circuler durablement dans les systèmes de l’État sans se faire repérer.

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