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Votre micro-ondes est plein de bactéries résistantes – faut-il s’inquiéter ?

Les populations de micro-organismes identifiées dans ces appareils électroménagers ressemblent à celles que l’on trouve à la surface des panneaux solaires.

Depuis la révolution industrielle qui a conduit à la démocratisation de nouveaux produits et matériaux, des micro-organismes ont colonisé des tas de nouveaux habitats particulièrement extrêmes grâce à leurs facultés d’adaptation spectaculaires. Par exemple, certaines espèces prolifèrent aujourd’hui à bord de la station spatiale internationale.

Récemment, une nouvelle étude a montré que certaines populations de microbes spécialisés s’étaient aussi installées dans un autre environnement assez hostile, mais beaucoup plus proche de nous : certaines espèces particulièrement coriaces ont élu domicile dans nos fours à micro-ondes.

Cette étude a été conduite par une équipe de la startup espagnole Darwin Bioprospecting Excellence SL. Ces chercheurs ont commencé par collecter des échantillons dans une trentaine de fours à micro-ondes en apparence bien entretenus. Certains étaient localisés dans des maisons individuelles, d’autres dans des espaces communs comme des cuisines d’entreprises, et les derniers dans des laboratoires de biologie. Ces prélèvements ont ensuite été séquencés en laboratoire pour identifier les différentes souches présentes dans ces appareils électroménagers.

Au total, les chercheurs ont identifié des représentants de 747 groupes de bactéries distincts. Les plus représentées étaient les Pseudomonadota, un phylum extrêmement diversifié qui rassemble des tas de micro-organismes aux rôles écologiques très différents.

Instinctivement, on pourrait se dire que si tant de micro-organismes s’y sentaient comme chez eux, c’est forcément parce que ces fours étaient atrocement sales. Mais ce n’est pas le cas ; ces populations pouvaient être remarquablement importantes même dans des appareils bien entretenus. En effet, les radiations intenses qu’ils produisent imposent une pression de sélection très importante aux espèces qui y vivent. Cette dynamique favorise ainsi la prolifération d’espèces naturellement très résistantes. Pour l’anecdote, c’est un phénomène qui a déjà été constaté sur la surface des panneaux solaires, où la faible humidité et les chocs thermiques constants accélèrent l’émergence de bestioles exceptionnellement tenaces.

Quel risque pour la santé ?

Selon les auteurs, certains micro-organismes souvent présents dans les prélèvements peuvent représenter un risque non négligeable pour la santé humaine. Ils citent notamment Klebsiella, Enterococcus et Aeromonas. Les représentants de ces genres peuvent provoquer différents types d’infection qui sont généralement assez simples à prendre en charge. Mais la prudence reste de mise, car elles peuvent tout de même dégénérer dans certains cas – notamment chez les personnes dont le système immunitaire est compromis.

Les chercheurs insistent tout de même sur le fait que la population microbienne trouvée dans les micro-ondes ne présente pas de risque unique ou accru par rapport à celle qu’on trouve généralement sur les autres surfaces d’une cuisine standard. Il n’y a donc pas de raison de paniquer et de traiter votre micro-ondes comme une bombe biologique. Mais il reste évidemment important de faire preuve de bon sens et de l’entretenir convenablement.

« Pour le grand public et le personnel de laboratoire, nous recommandons de désinfecter périodiquement les micro-ondes avec de la javel diluée ou un simple spray désinfectant disponible dans le commerce. C’est aussi important de bien essuyer les surfaces intérieures après chaque utilisation pour retirer d’éventuels résidus immédiatement, afin d’empêcher la prolifération des bactéries », écrivent les chercheurs.

Des applications potentielles dans l’industrie

Enfin, les chercheurs indiquent aussi que la découverte de ces souches résistantes pourrait avoir un intérêt concret. En effet, il existe des tas de procédés industriels qui fonctionnent grâce à des bactéries capables de survivre dans des environnements difficiles. Si certaines des souches découvertes dans les micro-ondes pouvaient être exploitées, elles pourraient ouvrir la voie à de nouveaux procédés biotechnologiques très utiles dans des domaines divers et variés.

Le texte de l’étude est disponible ici.

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Source : EurekAlert

1 commentaire
  1. C’est incroyable de constater à quel point l’idéologie américaine “d’hyper-sanitization” s’introduit chez nous. L’étude ne traite PAS du tout de l’aspect santé, pourquoi extrapoler ? Personne ne se pose la question et à juste titre !

    C’est juste un inventaire. Alors pourquoi introduire systématiquement un contexte de “danger” “d’inquiétude” de “santé” quand il n’y en a pas ?

    “Bactérie” n’est pas synonyme de “Maladie” ou de “Danger”.

    C’est quoi l’étape suivante du titre putaclic ?

    “Une étude récente recense les bactéries contenues bactérien dans notre intestin – faut-il s’en inquiéter ?”

Les commentaires sont fermés.

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