Pour les deux millions de foyers encore réfractaires au compteur Linky, il va bientôt falloir payer. Depuis 2015, une directive européenne a imposé à Enedis d’installer des compteurs Linky chez l’ensemble de ses clients. Malgré des débuts difficiles, 37 millions de compteurs ont déjà été installés. 94% des ménages sont désormais équipés, mais les réfractaires sont encore nombreux.
C’est quoi le problème avec les compteurs Linky ?
Linky a pour objectif principal de faciliter la transition vers des réseaux électriques plus efficaces et interactifs, en permettant une meilleure intégration des énergies renouvelables et en offrant aux utilisateurs un contrôle plus précis sur leur consommation d’électricité. Les compteurs verts déployés depuis des années par les fournisseurs électriques promettent ainsi d’apporter des bénéfices à la fois pour l’environnement — par une meilleure gestion de la demande en énergie — et pour les consommateurs par une facturation plus juste et transparente basée sur une consommation réelle plutôt que sur des estimations.
Reste que le compteur Linky continue de faire l’objet de plusieurs controverses. Certaines sont alimentées par des craintes concernant la vie privée des utilisateurs, le traitement et la sécurité des données collectées. D’autres concernent des inquiétudes relatives aux impacts potentiels sur la santé avec notamment les fameuses “ondes électromagnétiques émises par le dispositif” (non prouvé à ce jour). C’est surtout ce dernier point qui cristallise les inquiétudes. Pourtant, les compteurs Linky utilisent la technologie CPL (courant porteur en ligne) pour transmettre des données, et l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indiquant que les émissions sont bien en deçà des seuils réglementaires établies pour la protection de la santé publique.
Il va falloir payer
Jusqu’à présent, les personnes n’ayant toujours pas opté pour l’installation d’un compteur Linky pouvaient transmettre eux-mêmes leur relevé à leur fournisseur électrique, sans surcoût. À partir de l’été 2025, il faudra dorénavant débourser 9€ hors taxe tous les deux mois pour la même démarche. Concrètement, il faudra faire un choix : accepter de faire installer un compteur vert dans votre domicile, ou passer à la caisse. Rappelons à l’inverse, que la pose d’un compteur Linky est totalement prise en charge par le gestionnaire de réseau Enedis, grâce aux gains réalisés par le compteur pendant sa durée de vie.
De son côté, le cap d’Enedis est clair : interrogée par Ouest-France en décembre 2023, Marianne Laigneau, présidente du directoire Enedis a pour objectif “que tous les compteurs soient communicants à fin 2024“. Elle précise toutefois que “L’idée n’est pas de sanctionner ceux qui n’auraient pas Linky, mais d’envisager des modalités de facturation en 2023 puis 2025 pour les clients pour lesquels on serait amené à devoir maintenir un système de relève, ce qui engendre un coût alors que tout l’écosystème Linky est numérisé“.