Les radars-tronçons sont conçus pour mesurer la vitesse moyenne d’un véhicule sur une section de route. Logiquement, ils devraient être plus justes et efficaces que les radars classiques. Cependant, ils pourraient bientôt disparaître des routes françaises. Selon l’association 40 millions d’automobilistes, ces radars ne seraient pas assez rentables pour la Sécurité Routière, ce qui justifierait leur suppression progressive.
En 2023, environ 15 à 20 millions de conducteurs ont été flashés par les radars automatiques en France qui incluent principalement les radars fixes mais aussi les radars discriminants et les radars-tronçons. Ce chiffre a augmenté par rapport aux années précédentes en raison de l’augmentation du nombre de radars installés.
Les radars-tronçons sont au nombre d’environ 50 parmi les 4 500 radars présents sur le territoire et flashent en moyenne 5 000 conducteurs par an – contre 14 000 pour un radar fixe traditionnel. Cela reflète leur moindre efficacité en termes de détection d’infractions.
En 2023, les radars en France ont généré environ 2 milliards d’euros de recettes issues des amendes routières, marquant une hausse de 7 % par rapport à 2022. Parmi ces revenus, les radars automatiques ont rapporté environ 750 millions d’euros, soit une augmentation de 5,7 %. Cela fait de 2023 la deuxième meilleure année en termes de recettes, après un record en 2017.
Le coût de maintenance évoqué
La Sécurité Routière justifie la suppression progressive de ces radars-tronçons par leur coût élevé de maintenance et de réparation; certains appareils nécessitant déjà un remplacement. L’idée serait de les remplacer progressivement par des radars automatiques, plus simples à entretenir (et donc moins chers) et plus efficaces.
Cette décision suscite la colère de l’association 40 millions d’automobilistes qui dénonce une quête de rentabilité au détriment de la sécurité : “Officiellement, la Sécurité routière justifie leur remplacement par un autre type de radar en invoquant des coûts économiques moindres… Mais en réalité, c’est surtout la rentabilité qui préoccupe les autorités. Ces radars ne rapportent pas assez d’argent avec les contraventions !”, s’insurge Philippe Nozière, président de l’association.
Pierre Chasserey, délégué général de l’association, ajoute : “C’est la preuve que les radars ne sont pas là pour assurer la sécurité, mais bien pour remplir les caisses de l’État.” Il craint que le remplacement des radars-tronçons par des radars automatiques entraîne une hausse du nombre de flashs et, par conséquent, des amendes.
La Sécurité Routière aurait un autre plan
La Sécurité routière n’abandonne pas l’idée de mesurer la vitesse moyenne sur une portion de route. D’après Auto Plus, elle travaillerait sur un nouveau système de surveillance, moins coûteux, qui pourrait toutefois prendre plusieurs années avant de voir le jour.
Ce nouveau dispositif s’appuierait sur la reconnaissance des plaques d’immatriculation à l’aide de caméras installées aux bords des routes. Cela permettrait de calculer la vitesse moyenne d’un véhicule sur des distances variables, sans recourir à des capteurs au sol ou à des boîtiers spécifiques.
Ce système serait non seulement plus discret et plus difficile à repérer par les automobilistes, mais aussi plus facile à déployer et entretenir. En outre, il serait capable de détecter d’autres infractions, comme le non-respect des distances de sécurité ou le franchissement de lignes continues.
Des tests de ce nouveau dispositif auraient été réalisés en 2020 dans le Doubs, sur une portion de 10 kilomètres entre Besançon et Pontarlier. Bien que les résultats soient encourageants, il faudra attendre l’approbation du Conseil d’État et du Parlement pour envisager un déploiement national.
Quid de la légalité du dispositif ?
Les associations d’automobilistes comme 40 millions d’automobilistes restent très sceptiques quant à l’utilité et à la légalité de ce nouveau dispositif de surveillance. Elles estiment qu’il s’agit d’une mesure disproportionnée, ne tenant pas compte des conditions réelles de circulation, et qu’il pose des questions sur la protection de la vie privée, notamment en raison de l’utilisation de la reconnaissance des plaques d’immatriculation.
Elles appellent à une réforme globale du système de contrôle-sanction automatisé, en insistant sur la nécessité de privilégier la prévention et l’éducation plutôt que la sanction. De plus, elles demandent un moratoire sur l’installation de nouveaux radars jusqu’à ce que les critères de leur implantation soient définis et que les objectifs soient transparents.