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Donald Trump pourrait (encore) sauver TikTok : le feuilleton continue

Menacé de bannissement aux États-Unis depuis janvier, TikTok pourrait encore bénéficier d’un sursis. Donald Trump affirme vouloir protéger l’application, très populaire auprès des jeunes, tout en maintenant la pression sur la Chine avec ses taxes douanières. Une position du président américain qui fait grincer pas mal de dents.

Donald Trump n’a pas l’intention de laisser TikTok disparaître du paysage américain. Dans une interview diffusée sur NBC News, le président des États-Unis a indiqué qu’il « étendrait » une nouvelle fois la date butoir du 19 juin, censée marquer l’interdiction de l’application si son propriétaire chinois, ByteDance, ne vendait pas ses activités américaines.

Un soutien inattendu pour TikTok

Ce n’est pas la première fois que le locataire de la Maison-Blanche suspend le couperet : la loi, adoptée en avril 2024 avec un large soutien bipartisan, prévoyait initialement une interdiction dès janvier 2025. Trump a déjà repoussé la date limite à deux reprises. Officiellement, la législation ne permet qu’une seule prolongation de 90 jours en cas de « progrès significatif » vers une vente. Pourtant, Trump assure qu’il « continuera à repousser le délai aussi longtemps que nécessaire », quitte à flirter avec l’illégalité selon ses opposants… et la loi.

Son attachement à TikTok semble aussi politique que personnel. « J’ai un petit faible pour l’application », a-t-il confié, évoquant son succès auprès des jeunes électeurs durant la présidentielle de 2024, qu’il a remportée. « J’ai gagné les jeunes avec 36 points d’avance… et j’ai misé sur TikTok », affirme-t-il. Une déclaration qui tranche avec la position traditionnelle des républicains sur la question.

Au-delà de l’aspect électoral, l’avenir de TikTok s’inscrit dans un bras de fer économique avec la Chine. Un accord était en cours pour transférer les activités américaines de TikTok à une entreprise contrôlée par des investisseurs américains. Mais la transaction est gelée, Pékin ayant clairement fait savoir qu’il n’approuverait pas cette cession — en particulier après l’annonce de tarifs douaniers punitifs par Washington. Trump a récemment relevé ces droits à l’importation jusqu’à 145 % sur des produits chinois.

« La Chine veut un accord », a estimé Trump. « Mais je ne vais pas supprimer les tarifs pour les attirer à la table. Je pourrais les baisser plus tard, dans le cadre d’un accord plus large », a-t-il nuancé. Pour lui, les surtaxes sont un levier de négociation incontournable.

En parallèle, des critiques continuent de pointer les risques de sécurité nationale et l’impact de TikTok sur la santé mentale des jeunes. ByteDance et la Maison-Blanche, de leur côté, minimisent ces inquiétudes, insistant sur le fait que l’application est aujourd’hui utilisée par 170 millions d’Américains.

Avec cette nouvelle extension annoncée, TikTok reste accessible aux États-Unis — du moins jusqu’à nouvel ordre. Entre intérêts géopolitiques, calculs électoraux et tensions commerciales, l’application s’impose comme un objet de négociation aussi sensible que stratégique. Le 19 juin pourrait bien n’être qu’une date de plus dans un feuilleton qui n’a pas encore dit son dernier mot.

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