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Ventes en baisse. Pourquoi les Français se détournent des magasins de bricolage

Dans un marché du bricolage en déclin, les grandes surfaces et les pure-players web sont obligés de s’adapter pour grignoter des parts de marché. Les consommateurs mettent la pression sur les prix, et les revendeurs réduisent leurs marges.

Le retour de baton post-Covid fait mal. En France, de plus en plus de particuliers se détournent des magasins spécialisés de bricolage qu’ils jugent trop chers et ils privilégient le recyclage ou l’achat de matériaux de seconde main pour réaliser leurs travaux.

Baisse de revenus

Cette tendance s’inscrit dans un contexte où le secteur du bricolage (qui avait connu un boom sans précédent durant la crise du Covid-19) affiche aujourd’hui un net recul. Nos confrères de TF1 Info rapportent que les ventes des grandes surfaces spécialisées telles que Leroy Merlin, Castorama ou Mr Bricolage ont diminué de 4,3 % en 2024, pour atteindre 22,1 milliards d’euros.

C’est donc environ un milliard d’euros de moins qu’en 2023 et certains rayons, comme la menuiserie ont plus spécifiquement souffert avec une baisse de 7,2 %en un an. Du côté des pure-players sur le web, ManoMano s’en sort un peu mieux et espère atteindre la rentabilité cette année, après avoir été contraint de laisser partir un quart de ses effectifs en 2023.

Cette contraction s’explique en grande partie par le ralentissement du marché immobilier. Juliette Lauzac, chargée d’étude pour la Fédération des magasins de bricolage, a expliqué à l’AFP que “le facteur explicatif numéro un” de cette baisse est “le recul des ventes de logements anciens, car dans un logement qui a changé de propriétaire, des travaux vont se faire, il y a un laps de temps de 1 à 3 ans pendant lesquels on va avoir des projets de rénovation ou d’aménagement”. Moins de transactions immobilières signifie donc moins de travaux à réaliser… et par conséquent une fréquentation moindre des magasins de bricolage.

Par ailleurs, le prix élevé des matériaux et des outils constitue un autre frein important pour les consommateurs, expliquent aussi nos confrères. Dans le reportage de TF1 Info, plusieurs clients interrogés dans un magasin témoignent de leur difficulté à assumer ces coûts. “Je réfléchis, j’analyse parce que c’est extrêmement cher. Le moindre truc, ça vaut une pince… ou deux”, confie l’un d’eux, tandis qu’une autre personne souligne : “Il faut prévoir un budget et ça, c’est costaud.”

Selon Eric Flusin, responsable data pour Inoha, la recherche du meilleur prix est devenue la première tendance sur Google en matière de bricolage et d’aménagement. Cette évolution se traduit par une baisse de 7,8 % des recherches sur des produits comme la tondeuse, le meuble de salle de bains, la location d’échafaudage ou encore le poêle à granulés.

Pour faire face à cette situation, les enseignes de bricolage sont donc contraints de revoir leur stratégie commerciale. Dans le magasin visité par TF1 Info, on observe une politique de baisse des prix pour attirer les clients. Loïc Porry, directeur régional Ile-de-France de Leroy Merlin, explique : “Nous avons ce robinet qui, fin 2024, était à 89,90 euros, que nous avons pu repositionner à 59,90 euros. On a le prix des matières premières qui a fortement chuté, le prix du transport qui a fortement chuté, ce qui nous a permis avec nos partenaires fournisseurs de revoir nos prix d’achat à la baisse.”

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