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La prison d’Alcatraz bientôt réouverte ? (et ce n’est pas une blague)

Donald Trump a une nouvelle idée grotesque : redonner vie à la célèbre prison d’Alcatraz pour y enfermer les pires criminels du pays. Problème : l’île est en ruine, hors de prix à entretenir, et surtout… c’est un musée.

Alcatraz, ce n’est plus une prison depuis 1963. C’est un site historique qui attire 1,4 million de touristes chaque année. Mais pour Donald Trump, l’endroit n’a pas dit son dernier mot. Dans un post publié sur Truth Social, l’ancien président annonce vouloir rouvrir et agrandir le fameux « rocher », pour y loger les criminels les plus violents du pays.

Un coup de com’ bien huilé

À peine 24 heures plus tard, il en a remis une couche devant la presse : « Alcatraz représente quelque chose de fort, de puissant. On a besoin d’ordre dans ce pays. » Pourquoi cette idée ? Peut-être parce qu’un vieux film passait à la télé la veille. Une télé locale en Floride — État de villégiature de Donald Trump — diffusait en effet L’Évadé d’Alcatraz, avec Clint Eastwood, juste avant que le président US ne publie son message. Coïncidence ? On vous laisse juger.

C’est peu dire que l’idée fait grincer des dents. Les spécialistes du milieu carcéral sont formels : rouvrir Alcatraz serait un cauchemar logistique. « Franchement, j’ai cru que c’était une blague », confie Hugh Hurwitz, ex-directeur par intérim du Bureau fédéral des prisons, à la BBC. « Les bâtiments tombent en ruine, les cellules sont trop petites, il n’y a ni caméras, ni clôtures. »

Et il y a le nerf de la guerre : le budget. Déjà en 1963, faire tourner Alcatraz coûtait trois fois plus cher qu’une autre prison fédérale. Aujourd’hui, on parle de plus de 500 $ par détenu et par jour, contre 120 à 160 $ en moyenne ailleurs. Pour une capacité maximale de 340 prisonniers. On a vu plus rentable.

Alcatraz
© Mauro Lima (Unsplash)

Sans compter les problèmes d’eau, d’électricité, de traitement des déchets… « À l’époque, les eaux usées étaient directement rejetées dans la baie », rappelle Jolene Babyak, fille d’un ancien directeur de la prison. « Maintenant, il faudrait tout évacuer par bateau. C’est juste infaisable. »

Malgré tout, Trump insiste. Et il n’est pas le premier à avoir eu l’idée. Dans les années 80, l’administration Reagan avait envisagé d’utiliser l’île pour accueillir des réfugiés cubains. Projet vite abandonné. Ce qui frappe surtout, c’est l’effet d’annonce. Alcatraz évoque les films, les gangsters, l’ordre à l’ancienne. Le locataire de la Maison Blanche joue la carte du symbole, quitte à flirter avec le fantasme. Comme le résume un ancien ranger du parc : « Ce n’est plus qu’une coquille vide. Mais c’est une coquille qui fait parler. »

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Source : BBC

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