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Distributeurs de billets : cette nouvelle règle européenne s’impose dans toutes les banques dès le 28 juin

À partir du 28 juin 2025, une nouvelle règle entre en vigueur dans toutes les banques françaises. Derrière cette date, une directive européenne passée plutôt inaperçue, mais qui marque un tournant pour l’accessibilité bancaire.

Tous les distributeurs automatiques de billets (DAB) installés à partir de ce samedi devront désormais répondre à des critères stricts d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Une obligation qui va transformer, à terme, l’expérience bancaire de millions de Français.

Une directive européenne pour améliorer l’accès à tous

Cette évolution n’est pas le fruit d’une décision française, mais découle directement de la directive (UE) 2019/882, aussi appelée European Accessibility Act. Adoptée en 2019, cette directive vise à harmoniser l’accessibilité des produits et services dans toute l’Union européenne. Elle s’applique à plusieurs domaines, dont les transports, le numérique… et les services bancaires.

En clair, l’objectif est de garantir que tout citoyen, quel que soit son handicap (visuel, auditif, moteur ou cognitif), puisse accéder aux services de base sans obstacles. Et les DAB, longtemps conçus sans considération particulière pour l’accessibilité, sont directement dans la ligne de mire.

Dès samedi 28 juin, tous les distributeurs mis en service devront intégrer plusieurs fonctionnalités précises :

  • Instructions vocales activables via une prise casque,
  • Contraste élevé sur les écrans,
  • Textes en gros caractères,
  • Navigation simplifiée.

Cela permettra, par exemple, à une personne malvoyante de retirer de l’argent seule, en toute autonomie, à condition d’avoir des écouteurs pour entendre les instructions.

Les modèles actuels qui ne sont pas compatibles ne seront pas interdits du jour au lendemain, mais aucun nouvel appareil ne pourra être installé sans ces améliorations. Les anciens DAB, eux, bénéficient d’une période transitoire : ils resteront en service jusqu’à leur remplacement ou leur mise à jour, avec une date limite fixée à 2030.

Une transformation progressive du parc bancaire

Pour les établissements bancaires, cette réforme implique un travail technique et financier conséquent. Même si beaucoup de DAB récents sont déjà partiellement conformes, nombre de modèles anciens devront être remplacés ou mis à jour, ce qui représente un coût non négligeable pour les banques.

D’après les premières estimations du secteur, il resterait plusieurs milliers de distributeurs à adapter en France. Certaines banques ont déjà anticipé la réforme, mais pour d’autres, il faudra agir rapidement, notamment dans les agences rurales, où les DAB sont souvent plus anciens.

L’entrée en vigueur de cette obligation ne sera pas purement symbolique. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sera chargée des contrôles. En cas de manquement, les sanctions pourront aller de simples injonctions à des amendes pouvant atteindre 1 500 € par infraction, voire des suspensions de service en cas de non-respect prolongé.

Les associations de consommateurs et de défense des personnes handicapées seront également attentives. Pour elles, cette avancée était attendue de longue date, tant l’exclusion des publics fragiles face à certains services bancaires reste une réalité.

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