C’était une promesse aussi dorée que le téléphone lui-même. Le « T1 », premier smartphone lancé par Trump Mobile, se drapait fièrement dans la bannière du « made in USA ». Un argument de poids, martelé par Donald Trump lui-même tout au long de sa carrière politique, qui visait à séduire une base électorale sensible au patriotisme économique. L’idée de base consistait à associer un forfait patriotique Trump Mobile, un MVNO sur les réseaux de T-Mobile, à un smartphone Android se donnant un air luxueux, et surtout, fabriqué sur le sol américain. Une petite révolution dans un secteur dominé par la production asiatique.
Seulement voilà, le rêve américain a fait long feu et des doutes ont rapidement émergé sur la nature de ce téléphone. Comme l’indique The Verge, la communication autour du T1 a d’ailleurs radicalement changé en l’espace de quelques jours. Fini le bandeau explicite sur le site officiel. Désormais, le slogan se veut plus évasif : « Premium Performance. Proudly American. » (Performance premium. Fièrement américain).
Des « valeurs américaines »… dans un téléphone chinois ?
Que s’est-il passé ? La réalité économique a sans doute rattrapé le discours marketing. Comme de nombreux experts l’ont rapidement souligné, produire un smartphone à 500 dollars aux États-Unis est une mission quasi impossible. Les rares entreprises qui s’y risquent, comme Purism, proposent des modèles à des tarifs quatre fois supérieurs.

Face à l’évidence et pour, peut-être, éviter d’éventuelles poursuites pour publicité mensongère, la Trump Organization a donc fait une volte-face spectaculaire. Le site web évoque maintenant un appareil « conçu avec les valeurs américaines à l’esprit » et assure qu’il y a « des mains américaines derrière chaque appareil ». Des formules creuses qui ne veulent rien dire, si ce n’est qu’elles cherchent à maintenir une vague flamme patriotique. La seule touche véritablement « made in USA » semble se résumer à la coque dorée, au fond d’écran « Make America Great Again » et, ironiquement, à une bonne dose d’esbroufe. Tout porte à croire que le T1 n’est, en réalité, qu’un smartphone chinois anonyme, rebadgé pour l’occasion.
L’analyste Max Weinbach avait d’ailleurs très vite indiqué sur X que le Trump Phone présentait de nombreux points communs avec le Wingtech REVVL 7 Pro 5G, un smartphone chinois sous marque blanche.
Une fiche technique déjà remaniée et une date de sortie repoussée
Comme si ce rétropédalage ne suffisait pas, la fiche technique du téléphone a elle-même commencé à fondre. L’écran, initialement annoncé à 6,78 pouces, est mystérieusement passé à 6,25 pouces. Les 12 Go de RAM, un argument de poids, ont tout simplement disparu des caractéristiques listées.

La date de lancement suit la même pente glissante. La sortie, d’abord promise pour septembre, est maintenant repoussée à un vague « plus tard cette année ». Ces changements suggèrent que l’entreprise a peut-être dû changer de fournisseur en catastrophe, ou pire, qu’elle navigue à vue, inventant au fur et à mesure les détails d’un produit qui n’existe pas encore.
Le visuel du téléphone, un montage Photoshop assez grossier qui n’a, lui, pas changé, ne fait que renforcer ce sentiment d’amateurisme. Entre promesses reniées, caractéristiques fluctuantes et un marketing aux allures de mirage, le Trump Phone ressemble de moins en moins à un produit technologique et de plus en plus à une chimère. Reste à savoir si, même « fièrement américain », il trouvera preneur.
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