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Les prochaines années pourraient être les plus chaudes de l’histoire, voici pourquoi

Certes, le réchauffement climatique est une réalité incontestable, avec des événements météorologiques extrêmes devenant de plus en plus fréquents. Comme si ce n’était pas suffisant, le phénomène météorologique d’El Niño devrait causer de fortes chaleurs au cours des quatre prochaines années. Voici son fonctionnement et les raisons pour lesquelles nous sommes sur le point de passer quatre années record en termes de températures.

El Niño, c’est quoi ?

El Niño est un phénomène climatique complexe qui survient tous les deux à sept ans dans l’océan Pacifique équatorial. Il se caractérise par un réchauffement anormal de la surface de l’océan Pacifique central et oriental. Voici comment il fonctionne et ses conséquences :

Le phénomène

Sous des conditions normales, les vents alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur et poussent les eaux chaudes en surface vers le Sud-Est. Cela permet à de l’eau froide et riche en nutriments de remonter à la surface le long des côtes de l’Amérique du Sud.

Pendant El Niño, ces vents disparaissent quasiment et leur affaiblissement empêche la remontée d’eau froide le long de la côte Ouest de l’Amérique du Sud. Cela entraîne une diminution de la température de l’eau en profondeur et un réchauffement de la surface des océans.

El Niño est un événement cyclique faisant partie du phénomène d’oscillation australe baptisé ENSO (“El Niño – Southern Oscillation”) qui inclut la phase de refroidissement des températures de la surface des océans, aussi appelée La Niña. Bien que cyclique, ce phénomène d’oscillation n’est pas exactement régulier : El Niño et La Niña durent chacun environ un an et se produisent généralement tous les deux à sept ans avec une intensité variable, intercalés par des périodes neutres de moindre intensité.

Les conséquences

En Amérique du Sud, les eaux plus chaudes entraînent des précipitations abondantes et des inondations le long de la côte ouest, notamment au Pérou et en Équateur. Par exemple, les pluies diluviennes associées à El Niño de 1997-1998 ont causé des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de dollars et ont déplacé des centaines de milliers de personnes.

En parallèle, l’absence de remontée d’eau froide, dense en nutriments, réduit la présence de la faune marine et impacte sérieusement la pêche. Les populations de poissons diminuent drastiquement, affectant aussi les oiseaux marins et les mammifères qui en dépendent.

En Océanie, El Niño augmente considérablement le risque de sécheresse et d’incendies de forêt. Par exemple, la plupart des grandes périodes de sécheresse en Australie (1982, 1994, 2002, 2006 et 2015) ont coïncidé avec El Niño. Les feux de brousse associés à ces sécheresses ont détruit des millions d’hectares de terres et causé des pertes humaines et matérielles considérables.

De façon générale, El Niño influence les conditions météorologiques à travers le monde entier, provoque des variations de température, des précipitations anormales (sécheresses dans certaines régions, pluies supérieures à la normale dans d’autres) et perturbe les modèles climatiques habituels. Aux États-Unis, El Niño peut entraîner des hivers plus humides et plus doux dans le sud du pays, et des conditions plus sèches dans le nord.

Et la France dans tout ça ?

Bien que l’impact d’El Niño soit plus important en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est et en Australie, la France n’est pas épargnée. Dans l’hexagone, le phénomène provoque des hivers plus doux : les vagues de froid sont moins fréquentes et les pluies peuvent s’avérer plus intenses et prolongées, surtout dans les régions atlantiques. Dans les cas les plus sévères, les perturbations atmosphériques associées à El Niño peuvent provoquer de fortes tempêtes et des inondations.

Ces changements de température et de précipitations peuvent affecter les cultures agricoles. Les périodes de fortes pluies peuvent endommager les récoltes, tandis que des hivers plus doux peuvent influencer les cycles de croissance des plantes. Puisqu’El Niño affecte également les courants océaniques, les écosystèmes marins sont aussi déréglés et impactent le secteur de la pêche.

En 2015-2016, un des El Niño les plus puissants jamais enregistrés a provoqué une hausse notable des températures en France, accompagnée de conditions météorologiques instables.

Les perspectives pour les années à venir

El Niño n’est pas un événement isolé. Ses conséquences se font sentir, mais elles sont combinées à d’autres facteurs, notamment le réchauffement climatique. Selon le dernier rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), qui fournit une synthèse des prévisions mondiales pour les années 2024-2028, l’effet El Niño est en train de se dissiper pour laisser place à La Niña courant 2024.

Parmi les prévisions du rapport, voici les principales en termes de températures :

  • La température moyenne mondiale à proximité de la surface pour chaque année entre 2024 et 2028 devrait être entre 1,1°C et 1,9°C supérieure à la moyenne des années 1850-1900.
  • Il est probable (80 %) que la température moyenne mondiale à proximité de la surface dépasse de 1,5°C les niveaux moyens de 1850-1900 pour au moins une année entre 2024 et 2028. Il y a environ 47 % de chances que la moyenne sur cinq ans dépasse ce seuil.
  • Il est probable (86 %) qu’au moins une année entre 2024 et 2028 soit plus chaude que l’année la plus chaude enregistrée (actuellement 2023).

Ces projections mettent en évidence l’urgence d’adopter des mesures pour atténuer les effets du changement climatique. Les années à venir pourraient bien être marquées par des événements météorologiques encore plus extrêmes et des températures records, rendant impérative une action concertée au niveau mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

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