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Les fichiers que vous partagez sur WeTransfer ne vous appartiennent plus vraiment

C’est une modification discrète, mais centrale qui s’opère chez WeTransfer.

C’est une évolution discrète, et qu’on n’avait pas vu venir. La plateforme de transfert de fichiers WeTransfer vient de modifier ses conditions générales d’utilisation. L’entreprise s’autorise désormais à exploiter les contenus partagés par ses utilisateurs pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Cette transformation de la politique d’utilisation, qui entrera en vigueur au 8 août 2025, soulève de profondes inquiétudes quant au respect des droits et de la vie privée de ses usagers.

La fin d’une époque

Depuis plusieurs années, WeTransfer s’est imposé comme l’outil incontournable de partage de gros fichiers, populaire chez les créatifs, les entreprises et les particuliers. Mais la récente mise à jour de ses conditions d’utilisation marque un véritable tournant : en acceptant la nouvelle version, chaque utilisateur accorde désormais à la société une licence perpétuelle, mondiale, non-exclusive, gratuite, transférable et sous-licenciable sur tous les fichiers transférés par ses soins.

La portée de cette licence est énorme : elle couvre le droit non seulement de reproduire, modifier, distribuer et créer des œuvres dérivées à partir du contenu, mais également de l’utiliser pour “faire fonctionner, développer, commercialiser et améliorer le Service ou de nouvelles technologies ou services”, y compris donc, pour développer des modèles d’apprentissage automatique basés sur l’IA.

Aucun droit de regard, aucune rétribution

Le plus inquiétant réside dans l’absence totale de compensation : ces usages élargis du contenu se font sans rétribution ni notification, et ce, pour une durée illimitée. L’utilisateur reste propriétaire de ses fichiers — WeTransfer se protège de toute accusation d’appropriation — mais il abandonne tout droit à contrôler ou monétiser l’exploitation future de ses créations. En outre, le caractère transférable et sous-licenciable de la licence ouvre la porte à une exploitation par des tiers, démultipliant les risques d’utilisation détournée ou commerciale du contenu, parfois à l’insu de son auteur d’origine. L’information, partagée par plusieurs internautes, et rapportée par nos confrères de 01net pourrait avoir des conséquences lourdes sur l’avenir de la plateforme, désormais concurrencées par d’autres acteurs.

Attention, ⚠️ note de service: Comme beaucoup de plateforme, Wetransfert vient de changer ses CGU qui lui permettent désormais d’acquérir un droit de licence de vos contenus. Préfères donc Swisstransfer, Smash ou TransferNow.

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— Gerald Holubowicz (@geraldholubowi.cz) 15 juillet 2025 à 08:03

Sans que l’on puisse vraiment faire quoi que ce soit, le transfert d’un fichier via Wetransfer devient un acte de cession de droits aux contours flous. Des graphistes, photographes, vidéastes, mais aussi des agences et des entreprises, s’alarment à l’idée que leurs projets confidentiels ou inédits alimentent désormais des solutions commerciales d’IA, voire génèrent des créations concurrentes, sans qu’aucun recours ne soit possible. Côté particuliers, le risque est tout aussi important.

Ces nouvelles pratiques de s’inscrivent pourtant dans une tendance plus large du numérique : l’intégration, souvent discrète, du contenu utilisateur au profit de l’entraînement de technologies d’intelligence artificielle. WeTransfer n’est ni le premier ni le dernier à céder aux sirènes de l’IA.

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