Tout le monde est déjà passé devant l’un de leurs conteneurs. Depuis 1984, Le Relais s’était imposé comme la locomotive de la valorisation textile solidaire en France. Pourtant, depuis le 15 juillet dernier, l’entreprise demande à toutes et tous de ne plus déposer de vêtements, textiles et chaussures dans ses quelque 25 000 bornes de collecte. Alors qu’elle collecte actuellement plus de la moitié des textiles usagés du pays, l’entreprise se dit incapable de faire face à ses coûts, dénonçant un financement insuffisant par l’éco-organisme Refashion — chargée de redistribuer les contributions perçues auprès des marques et enseignes de l’habillement.
Aux origines de la crise : le financement sous tension
La rémunération actuelle de la filière — 156 € par tonne — est jugée insuffisante par Le Relais, qui réclame le double (304 € par tonne) pour couvrir ses frais et assurer la pérennité de ses emplois. Refashion, qui abonde une trésorerie de 200 millions d’euros, propose quant à elle une aide d’urgence revalorisée à 192 € par tonne. De quoi mettre en péril près de 3 000 emplois sur l’ensemble de la filière, dont 2 000 au sein de ses propres effectifs.
Pour faire entendre sa voix, Le Relais a multiplié les actions coup de poing, déversant des tonnes de vêtements devant les enseignes membres du conseil d’administration de Refashion, telles que Kiabi ou Decathlon, pour dénoncer la stagnation des négociations. L’entreprise a aussi suspendu, jusqu’à nouvel ordre, la collecte de ses bornes.
À travers ses communiqués et revendications, l’organisme rappelle que sa mission dépasse le simple recyclage : la structure défend un double enjeu écologique et social, permettant l’insertion de nombreuses personnes marginalisées. Alors que l’économie circulaire a le vent en poupe, cette crise souffre pourtant de conséquences plurielles : si le financement est en ligne de mire, l’afflux massif de textiles “jetables” issus de l’ultra fast fashion a compliqué la mission du groupe ces dernières années. Face aux montagnes de vêtements jetés chaque jour, leur recyclage devient plus complexe et moins rentable.
Que faire de vos vêtements en attendant ?
- Ne déposez rien dans les bornes Le Relais, même si elles sont physiquement présentes
- Stockez provisoirement ses vêtements chez vous si c’est possible
- Explorez des alternatives locales, tout en veillant à ne pas saturer leur capacité de prise en charge
- N’hésitez pas à donner directement à celles et ceux qui en ont besoin dans votre entourage (proches, voisins…)
- Ne cédez pas à l’appel du dépôt sauvage ou de la benne à ordure
Tant que la solution de financement durable n’est pas trouvée, la consigne est claire : n’alimentez plus les conteneurs Le Relais pour vos dons textiles. Il en va de la survie du dispositif.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.