Pendant des mois, la rumeur a enflé, alimentée par des fuites et des photos volées sur les réseaux sociaux chinois. Aujourd’hui, le mystère est levé. Un teaser vidéo sobre mais efficace, diffusé sur les plateformes chinoises, a officialisé le projet : le DJI Romo est une réalité et s’apprête à être produit en masse. Une diversification audacieuse pour une marque que l’on associe instinctivement aux panoramas aériens et aux caméras stabilisées.
Cette incursion dans la maison connectée n’est pourtant pas si surprenante. Elle s’inscrit dans une stratégie de diversification agressive entamée depuis plusieurs années par le géant de Shenzhen. Après les microphones sans fil, les caméras d’action Osmo et même des composants pour vélos à assistance électrique, l’aspirateur robot apparaît comme une nouvelle étape logique pour réduire sa dépendance au marché du drone, de plus en plus encadré et politisé.
La patte DJI ? Navigation visuelle et design audacieux
Alors, à quoi s’attendre pour ce premier aspirateur robot ? Si DJI garde encore secrètes les caractéristiques techniques complètes, les premières images et analyses dessinent le portrait d’un appareil haut de gamme. Plutôt que le traditionnel capteur LiDAR proéminent, le Romo miserait tout sur la navigation visuelle, héritage direct de l’expertise de DJI en matière de vision par ordinateur et d’évitement d’obstacles sur ses drones. Compte tenu du savoir-faire de la marque chinoise dans le domaine, on s’attend à une cartographie et une détection des objets précises.
Côté design, DJI semble vouloir marquer les esprit et les images dévoilent un robot aux lignes épurées, mais surtout une station d’accueil aux finitions partiellement translucides. Un choix esthétique audacieux, dans la veine de marques comme Nothing, qui laisse entrevoir les composants internes. Si l’intention de se distinguer est claire, le pari est risqué : un appareil dédié à la propreté qui expose ses entrailles ne risque-t-il pas de devenir un nid à poussière visuel ? DJI proposerait ainsi deux versions, l’une opaque et plus traditionnelle, pour ne froisser personne.
Although a DJI logo is nowhere to be found on the product and it’s the first white plastic I have seen since the #mavicair… the official Chinese #DJIRomo account displayed this little video teaser today, showing they will launch their first vacuum cleaner on August 6th. Cheers pic.twitter.com/zBseU9pfCD
— Jasper Ellens | X27 (@JasperEllens) July 23, 2025
La station elle-même semble confirmer les standards du haut de gamme, suggérant une fonction de vidange automatique du bac à poussière et, selon toute vraisemblance, des capacités de lavage des sols. Reste une inconnue de taille : le système de nettoyage et de séchage des serpillières, une fonction désormais quasi-systématique chez les concurrents premium comme Roborock ou Dreame.
Un champ de bataille impitoyable
DJI n’arrive pas en terrain conquis sur le marché des aspirateurs robots. Ce dernier est un champ de bataille technologique où iRobot, l’historique pionnier américain, se voit bousculé par une déferlante de marques chinoises (Roborock, Ecovacs, Dreame) qui rivalisent d’innovations à des prix toujours plus compétitifs. Pour se faire une place, le Romo devra faire plus que bien. Il devra prouver que l’ADN de DJI, à savoir la fiabilité, la performance logicielle et une navigation intelligente supérieure, peut véritablement réinventer l’expérience du nettoyage domestique.
Le lancement, initialement réservé à la Chine, est une manœuvre classique et prudente. Le marché domestique, immense et technophile, servira de test grandeur nature. Si l’essai est concluant, un déploiement international suivra sans aucun doute. Le rendez-vous est pris pour le 6 août, date à laquelle nous saurons si le géant des drones a véritablement les armes pour dépoussiérer le marché.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.