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Test Roborock Saros Z70, que vaut le premier aspirateur robot équipé d’un bras robotisé ?

Le Saros Z70, c’est l’un des appareils qui a fait le plus sensation lors du dernier CES de Las Vagas, toutes catégories confondues. Et pour cause : cet aspirateur robot laveur ne promet plus seulement de nettoyer les sols de manière autonome, personnalisée et intelligente. Il promet aussi de trier et ranger un certain nombre d’objets légers du quotidien, grâce à un impressionnant bras robotisé sur cinq axes digne d’une série de science-fiction. Nous l’avons testé pendant un peu plus de deux semaines.

Comme on peut s’en douter, Roborock a choisi d’intégrer ce bras à ce jour inédit dans le domaine des robots domestiques dans un modèle très haut de gamme. Son prix est à l’avenant puisque le Saros Z70 est commercialisé à presque 1800 euros (pour son lancement, on peut profiter d’une réduction de 100 euros valable jusqu’au 25 mai). Le Saros Z70 est une véritable démonstration du savoir-faire technologique de Roborock. Outre cet étonnant bras, il est conçu sur la même base que le Saros 10R. Il est aussi fin (seulement 7,98 cm) pour passer sous de nombreux meubles. Il n’utilise pas un LiDAR rétractable comme le Saros 10 que nous avons récemment testé mais le système de navigation StarSight 2.0 (la marque parle de « LiDAR à semi-conducteurs »). Selon Roborock, cela lui permettrait d’appréhender son environnement en 3D, de manière plus précise, de mieux percevoir les obstacles notamment les objets de petite taille et de les gérer avec une meilleure réactivité. Il profite également d’une station tout-en-un identique à celle du Saros 10R, qui lave les patins serpillères et s’auto-nettoie à l’eau chaude (80°C).

Roborock Saros Z70 au meilleur prix Prix de base : 1 799 €

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Une pince robotisée inédite

Tous les yeux sont braqués sur ce fameux « bras robotisé sur cinq axes » nommé OmniGrip. C’est le clou du spectacle et c’est donc par là que nous allons commencer notre compte-rendu de test. Lorsqu’il est inutilisé, le bras est replié dans le châssis. En soi, c’est déjà une prouesse d’avoir réussi à le faire tenir dans le châssis d’un aspirateur robot, qui plus est un modèle plus fin que la moyenne. Ce bras robotisé est articulé dans tous les sens. Il se déplie vers le haut/le bas, vers l’avant/l’arrière et pivote sur les côtés. Il est prolongé par une pince qui elle-même se meut de manière indépendante et peut serrer les objets pour les « tenir ». Précisons que pour des raisons de sécurité, Roborock a prévu que la pression exercée soit modérée. En outre, en cas de besoin, un bouton d’arrêt d’urgence est présent sur le dessus du robot ; l’icône qu’il porte s’illumine en rouge dès que le bras est actif pour qu’on ne puisse pas le rater. En plus du robot, la pince est elle-même équipée de sa propre caméra pour faciliter la préhension des objets. Notez que pour l’instant, cette fonctionnalité n’en est qu’à ses balbutiements. En l’état, le Saros Z70 ne peut ramasser que des objets légers pesant moins de 300 grammes, et de certains types – principalement certaines chaussures, des chaussettes, des mouchoirs, serviettes et papiers froissés. Roborock indique que d’autres seront régulièrement ajoutés.

Le fabricant a vu un peu plus loin que le simple ramassage d’objets. Le robot serait capable de les trier, de les ranger et de dégager le sol pour nettoyer même aux emplacements où on a laissé traîner des choses. Pour cela, l’application offre plusieurs possibilités, paramétrables dans l’application. La première : le robot déplace les objets vers une zone déjà nettoyée avant de passer là où se trouvait l’obstacle gênant – c’est l’option « suivi du nettoyage ». Deuxième choix : le tri, qui peut être automatique ou manuel. S’il est automatique, le robot marque les objets qu’il a identifiés comme étant « ramassables » puis les trie (en plus de l’icône correspondant à l’objet sur la carte, un logo de pince apparaît). Il déplace ensuite les tissus et papiers dans la boîte de stockage fournie et les chaussures dans une zone dédiée prédéfinie via l’application. Si le tri est manuel, parmi les objets identifiés, c’est à l’utilisateur de pointer ceux qu’il souhaite voir ramassés. Dernier choix : le contrôle à distance. Pour l’utiliser, il faut activer la caméra puis diriger le robot depuis l’application à l’aide de ce qui ressemble à un joystick virtuel. Une fois l’objet en ligne de mire, là encore, on a plusieurs possibilités : indiquer l’objet ciblé et laisser le robot le ramasser automatiquement ou un ramassage entièrement manuel (auquel cas, on contrôle chaque mouvement du bras, ainsi que l’ouverture et la fermeture de la pince). C’est amusant mais si le but est de gagner du temps, on choisira une autre option.

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Très impressionnant mais pas totalement au point ni vraiment utile

On ne va pas vous mentir : en tant que fan de nouvelles technologies, la première fois que le Saros Z70 a déplié son bras dans notre entrée pour ramasser nos chaussettes, il nous a mis des étoiles plein les yeux. Technologiquement, c’est vraiment bluffant. Les premiers essais de contrôle à distance nous ont bien diverti aussi. Mais avec un peu de recul, on se rend rapidement compte qu’au moment de notre test, le dispositif n’est pas parfaitement au point. De plus, en cet état d’avancement, il s’agit plus d’une vitrine technologique – et typiquement de la fonction qu’on va montrer pour épater les copains – que d’une fonctionnalité utile exploitable au quotidien. On vous explique pourquoi.

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Pour commencer, il faut placer sur la cartographie, dans l’application, des zones de stockage : une destinée aux chaussures (au sol), l’autre qui est une boîte fournie avec le Saros Z70, dans laquelle il déposera tous les objets autres que des chaussures. Alors que l’application est si intuitive pour tout ce qui concerne la personnalisation de la carte, pour ce point précis, nous avons dû tâtonner. Pour que la boîte de stockage soit reconnue automatiquement, il faut au préalable avoir activé l’affichage à distance (qui utilise la caméra du robot). Lorsque nous l’avons configuré, l’application n’était pas du tout explicite sur ce point – c’était précisé dans un « protocole de test » envoyé à la presse par la marque.

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Ensuite, il y a pour l’instant un certain nombre de limites. Pour rappel, au moment où ce robot est lancé sur le marché, son bras ne peut ramasser que quelques catégories d’objets, qui doivent aussi être légers. Et il n’est pas non plus en mesure de ramasser des choses qui se trouvent sur des tapis et moquettes ni à proximité d’un meuble ou d’un mur – l’objet doit être éloigné des bordures.

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Par ailleurs et c’est sans doute le plus gros bémol, l’identification des objets est loin d’être parfaite. Lors de nos derniers tests d’aspirateurs robots de la marque, nous avions déjà remarqué que les objets n’étaient pas toujours bien identifiés. Or, le bon fonctionnement du tri en dépend. Pire : le même objet placé au même endroit peut être correctement reconnu lors d’un cycle mais pas la fois suivante. Par exemple, lorsque le Z70 a pris nos tongs pour des câbles, qu’on opte pour un tri automatique ou manuel, impossible de lui faire ramasser puisque cela ne fait pas partie des objets que la pince est autorisée à saisir. Nous avons d’ailleurs eu beaucoup de mal à lui faire ranger les deux tongs successivement car il ne les a quasiment jamais identifiées toutes les deux. Même chose pour des baskets confondues avec un sac cabas ou des chaussettes parfois confondues avec des fils… À l’inverse, il a quelquefois cherché à ramasser un objet alors qu’il n’aurait pas dû, traînant par exemple un balai espagnol dans la maison.

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Nous avons aussi constaté un certain nombre de ratés, même quand l’objet avait été correctement identifié. À plusieurs reprises, le robot est sorti de la station pour procéder au tri puis y est immédiatement revenu, annonçant « tri terminé ». Plusieurs fois aussi, il a tourné frénétiquement, durant de longues secondes, autour d’un objet avant de déclarer « échec du tri » et de rejoindre sa station.

Et lorsque le ramassage fonctionne, cela prend un certain temps (l’appréhension de l’objet, le dépliage du bras, la saisie, le rangement ou déplacement, le pliage du bras…). Roborock rêve d’un robot qui se fasse aussi « aide à domicile, compagnon et assistant » mais en l’état, on n’y est pas encore.

Autonome et intelligent, mais pas assez réfléchi

On peut regretter que ces erreurs d’identification engendrent parfois des imprécisions dans le nettoyage, par exemple quand le Saros Z70 confond les gamelles de nos chats avec un sac plastique et garde ses distances pour ne pas s’y empêtrer. Mais justement, on peut du même coup se réjouir que le Z70 ne reste quasiment jamais bloqué sur un obstacle. Les seuls qu’il faut veiller à conserver hors de sa portée sont les câbles électriques. Car son comportement vis-à-vis d’eux n’est pas constant. En effet, il voit plutôt bien les câbles qui pendent des prises électriques ou longent les murs et les évite presque systématiquement. L’évitement des objets latéraux comme (dont les câbles) fait justement partie des promesses du système de navigation StarSight 2.0. En revanche, le robot devrait aussi pouvoir les longer lorsqu’ils sont déroulés sur le sol. Pourtant, dans cette configuration, c’est plus aléatoire. Le Z70 s’est plusieurs fois emmêlé dans nos chargeurs de smartphone étendus sur le sol, en plein milieu d’une pièce. Ce qui nous a d’ailleurs fait pester car il les a vus et identifiés, évités une première fois, ce qui ne l’a pas empêché d’insister et lors du même cycle, de rouler dessus puis de s’y emmêler. De ce point de vue, le Dreame X50 est bien plus constant et à certains égards plus intelligent : une fois qu’un câble est repéré lors d’un cycle, il l’est pour de bon.

Comme annoncé, le système de navigation StarSight 2.0 permet effectivement au Z70 de voir de plus petits objets comme les jouets de nos chats, mais pas tous. Sans qu’on se l’explique, il en voit certains mais d’autres non, pourtant de la même taille et plus colorés… Pour l’instant, ce nouveau système de navigation ne change pas grand-chose aux performances du robot ni à sa capacité à se déplacer intelligemment dans le logement. Mais des évolutions sont prévues – à surveiller, donc.

Fidèle à sa promesse, le Z70 passe désormais sous certains meubles bas comme notre bibliothèque. Mais comme tous les autres, il est un peu frileux à rentrer entièrement sous notre canapé. Concernant les zones chargées comme les pieds de chaises et de table, le robot nettoie autour de manière soignée et fluide – cela faisait déjà partie des compétences de ses prédécesseurs.

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Après avoir réalisé la cartographie rapide (effectuée en moins de 10 min), le Saros Z70 nous livre une carte avec un découpage des pièces vraiment pertinent et même quelques propositions de noms de pièces. Dès les premiers cycles, il commence à identifier certains meubles et la plupart des revêtements de sol plutôt efficacement. Dommage en revanche, quand on place des objets et qu’on les retire, il ne s’en rend pas toujours compte. Par exemple, lorsqu’on installe notre tapis de test dans le hall d’entrée, il identifie sa position immédiatement et l’indique sur la carte – il place non seulement un tapis mais aussi des seuils, le tapis étant visiblement un peu épais à son goût. Mais si lors du cycle suivant on l’enlève, il « croit » qu’il est toujours là : il soulève son châssis de la même manière et ne lave pas à cet emplacement. Au contraire, alors qu’il a reconnu et placé sur la cartographie les « écuelles » de nos chats, lorsqu’on active la fonction de nettoyage intensif autour des articles pour animaux domestiques, il estime qu’il n’y en a pas (il faut les indiquer manuellement sur la carte).

En bref, voilà un robot qui s’avère suffisamment intelligent pour évoluer dans un logement de manière autonome, en s’accommodant de la majorité des obstacles. Mais arrivé à ce niveau de prix, on peut se permettre d’être exigeant et on aimerait donc qu’il soit un peu plus intelligent dans son appréhension de l’environnement.

Une aspiration puissante et efficace

Le Saros Z70 revendique une puissance de 22000 Pa, comme le Saros 10. Sur les sols durs, il ne fait qu’une bouchée des déchets, qu’il s’agisse de poussière, de poils d’animaux, de cheveux, de petits morceaux de croquettes ou de litière. Lorsqu’il y a beaucoup de litière au sol, quelques grains peuvent être oubliés. C’est lié à la rotation de la brossette qui en éparpille un peu. Cela n’a rien à voir avec la puissance d’aspiration, d’autant que la fonction (bêta) de détection de saleté abondante pour nettoyer plus en profondeur fonctionne très bien – notez toutefois qu’elle n’est disponible qu’en mode SmartPlan. Une bonne raison de le privilégier alors qu’il pouvait par le passé nous laisser perplexe. D’autant qu’on peut désormais voir ce que fait le robot en temps réel ainsi qu’après le nettoyage, dans l’historique : chaque étape du cycle est listée. La « reconnaissance de saleté abondante » en fait partie.

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Concernant la fonction d’aspiration, nous avons remarqué que l’extension de la brossette latérale (FlexiArm Design), qui s’effectue plutôt face au robot, ne lui fait gagner que quelques millimètres sur le côté. Elle n’accède pas impeccablement à toutes les bordures, aux angles, ni aux dessous de meubles (sous les portes ou sous les appareils électroménagers, par exemple).

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Sur les tapis et moquettes, on peut activer une fonction boost automatique, qui fournit d’excellents résultats. Sur ces surfaces, le Z70 ne laisse rien derrière lui non plus. Même s’il a parfois eu du mal à se hisser sur notre tapis de test, ce qui nous a surpris. Mais chaque fois qu’il a pu y monter, il l’a laissé impeccable. Bon point aussi : le Saros Z70 est en mesure de laisser ses patins dans sa base pour nettoyer les tapis et moquettes sans risquer de les mouiller ou les salir (comme le Saros 10 le fait avec sa large serpillère).

Un lavage des sols efficace pour les salissures du quotidien

En matière de lavage, on retrouve les mêmes fonctions que celles du Saros 10, notamment la distribution automatique de détergent, à une exception près : le Z70 n’est pas équipé d’une serpillère vibrante mais de deux patins rotatifs. L’avantage, c’est que quand on utilise la fonction de lavage seule, elle est parfaitement silencieuse, ce qui n’est pas le cas de la serpillère vibrante. De plus, le patin droit extensible (FlexiArm) assure un nettoyage bien plus convaincant des bordures et des coins. En revanche, le lavage est un peu moins efficace. Cela suffit pour éliminer les salissures du quotidien comme des éclaboussures dans la cuisine ou des traces de pas dans l’entrée. En revanche, sur les taches tenaces, il nous a fallu lancer trois cycles successifs pour venir à peu près à bout de traces de ketchup séché, en optant pour le parcours approfondi+ et le niveau d’eau max. Et encore, les patins avaient laissé quelques traces visibles à contre-jour et sous les semelles, on sentait le sol encore gras et collant. De plus, contrairement à la détection de déchets qui a très bien fonctionné, le Z70 n’a pas su voir qu’il restait des taches. Pourtant, nous avions bien activé la fonction de relavage à la serpillère mais elle ne nous a pas convaincu.

Une base tout-en-un qui réduit franchement l’entretien

Sans surprise, la station multifonction qui accompagne le Z70 est héritée des modèles les plus haut de gamme – elle vidange la poussière dans un sac, dispense automatiquement le détergent et l’eau propre, nettoie les serpillères et collecte l’eau sale. En l’occurrence, c’est exactement la même que celle du Saros 10R, qui assure le nettoyage des patins serpillères à l’eau chaude à 80°C et s’auto-nettoie au passage. Lors de notre test du Saros 10, nous remarquions que la station nécessitait tout de même de l’entretien, en particulier sa planche de lavage. Celle du Saros Z70 est conçue différemment (du fait de ses patins remplaçant la serpillère) et se salit beaucoup moins. Pendant un peu plus de deux semaines de tests, nous n’avons pas eu besoin de nettoyer les patins qui sont restés impeccables, ni même la station. Bon point aussi pour la brosse principale anti-enchevêtrement (FreeFlow), équipée d’une sorte de petit peigne fort efficace. En effet, lors de nos essais, ni les poils d’animaux ni nos cheveux longs ne s’y sont emmêlés.

Le Roborock Saros Z70 est disponible au prix de 1799 euros (1699 euros pour son lancement).

Roborock Saros Z70 au meilleur prix Prix de base : 1 799 €

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Notre avis

Le Saros Z70 est conçu sur la même base que le Saros 10R. On retrouve donc des caractéristiques semblables, de même que des qualités et défauts partagés avec le reste de la gamme Saros. On regrette notamment que l’identification des objets ne soit pas plus efficace et surtout plus constante, ce qui nuit non seulement aux performances de navigation mais aussi au tri automatique des objets par le bras OmniGrip. La gestion des câbles mériterait également d’être améliorée, ce qui n’est pas un scoop – c’est en effet récurrent chez Roborock. En matière de navigation, d’efficacité de lavage et de performances d’aspiration, ce nouveau fleuron fait aussi bien que ses petits frères mais pour un prix bien plus élevé, lié à son bras OmniGrip. Ce dernier fait s’envoler son tarif, qui tutoie des sommets alors qu’au moment de ce test, aussi bluffant soit-il, il n’est pas encore d’une réelle utilité concrète. Les possibilités vont s’étendre – à surveiller donc, de même que l’évolution tarifaire.
Note : 9  /  10

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