Bouygues Telecom peut se targuer de proposer l’une des offres les plus intéressantes du marché avec « Pure Fibre ». Cette formule comprend une connexion Internet ultra-rapide et sans superflu, mais elle ne convient pas à tout le monde tandis que d’autres disposent encore d’anciennes formules. Le FAI pense à ces abonnés qui disposent toujours des formules « Fit » ou « Must » et propose de mettre le « turbo » dans leur offre fibre.
« On met le turbo dans votre offre fibre » : Le cadeau qui n’en est pas un
Comme le rapporte le site CableReview, des clients Bbox Fibre ont récemment reçu un mail de leur opérant leur annonçant fièrement que le débit de leur ancienne offre Bbox vient d’être propulsé à 1 Gb/s en téléchargement et en envoi. Une véritable cure de jouvence pour votre connexion, offerte sur un plateau. Du moins, c’est ce que l’on pourrait croire au premier abord.
La surprise, la vraie, se niche quelques lignes plus bas. Cette montée en puissance, présentée comme une évolution quasi inévitable, s’accompagne d’une augmentation de tarif de 3 euros par mois. Certes, l’opérateur vous offre le premier mois pour « tester » cette nouvelle vélocité. Mais passé ce délai de grâce, la hausse sera automatiquement appliquée à votre facture. Un essai forcé, en somme.
Heureusement, il reste une porte de sortie et un lien, glissé dans l’email, permet de refuser l’offre et de conserver son débit et son tarif actuels. Un lien qui, selon plusieurs témoignages, ne fonctionnait pas toujours dans la première version du courrier, ajoutant une pointe d’agacement au processus. Pour les plus motivés, un appel au service client reste possible.
L’opérateur en profite pour suggérer une migration vers une Bbox WiFi 6, plus moderne. Une bonne idée, mais attention : accepter ce nouveau boîtier annule le mois d’essai gratuit de l’option débit. Le diable se cache décidément dans les détails.
Une pratique légale, mais moralement discutable
Sur le papier, Bouygues Telecom est dans son bon droit. L’article L224-33 du Code de la consommation encadre ces modifications unilatérales de contrat. L’opérateur doit prévenir son client au moins un mois à l’avance et lui laisser la possibilité de résilier sans frais ni pénalité dans un délai de quatre mois. Ces mentions légales figurent bien dans l’email, mais qui lit réellement les petits caractères en bas de page ?
Ce qui interpelle, ce n’est pas tant la légalité que la méthode. On joue sur l’inattention du consommateur, particulièrement en période estivale, pour imposer une option payante par défaut. C’est le fameux « opt-out » : si vous ne dites rien, vous payez.
B&You dans la même vague
Cette stratégie est récurrente chez les opérateurs et les FAI, en particulier pour Bouygues Telecom. Au début de l’été, ce sont les abonnés des forfaits mobiles B&You qui ont vu leur offre « enrichie » d’office. Pour 2 euros de plus par mois, ils bénéficiaient de la 5G et de 20 Go de données supplémentaires. Même procédé, même alternative pour refuser.
Au final, si les offres proposées ne sont pas dénuées d’intérêt, c’est la démarche qui laisse un goût amer. En misant sur le fait que de nombreux clients ne prêteront pas attention à un simple email, Bouygues Telecom prend le risque d’écorner la confiance de ses abonnés les plus fidèles. La mauvaise surprise, pour beaucoup, n’apparaîtra que sur le relevé bancaire, bien après la fin des vacances. Un conseil donc : cet été, surveillez vos emails autant que les coups de soleil.
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