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L’IA vidéo de Meta aurait été entraînée avec des… films porno

Deux studios X affirment que Meta a pioché dans leurs films, sans autorisation, via BitTorrent pour nourrir ses modèles d’IA. Ils réclament jusqu’à 359 millions de dollars de dommages.

Tout est bon pour entraîner les IA, mais Meta serait allé un cran trop loin : télécharger en douce des… films porno ! C’est en tout cas ce qu’affirment Strike 3 Holdings et Counterlife Media, deux producteurs bien connus dans le milieu du X (avec des marques comme Vixen, Tushy, Blacked…), dans une plainte déposée en Californie. D’après eux, près de 2.400 vidéos auraient été récupérées depuis des sources pirates par le géant des réseaux sociaux, notamment sur le réseau BitTorrent.

Du X pour booster l’IA

La plainte, déposée auprès d’un tribunal fédéral en Californie, accuse le groupe de Mark Zuckerberg d’avoir utilisé ces contenus pour entraîner plusieurs modèles d’intelligence artificielle. Parmi eux, un projet baptisé « MovieGen », capable à terme de produire des vidéos générées par IA avec un niveau de qualité digne de véritables productions cinématographiques — ou en l’occurrence, pornographiques. Ça promet pour les futures créations…

Pour fonctionner, une intelligence artificielle générative a besoin d’une immense quantité de données d’entraînement. Dans le cas des modèles capables de générer de la vidéo, comme le veut Meta avec MovieGen, ces données doivent inclure des extraits vidéo complets, avec du mouvement, des visages, des dialogues, des décors, de la lumière, etc. Bref, tout ce qui compose un film.

En exposant une IA à des milliers de scènes, celle-ci apprend progressivement les structures narratives, les styles visuels, la façon dont les plans s’enchaînent ou comment les corps interagissent à l’écran. C’est exactement ce que redoutent les plaignants : que les modèles de Meta soient entraînés à imiter leurs œuvres, jusqu’à pouvoir produire automatiquement des contenus dans le même style — mais sans payer qui que ce soit.

« L’IA de Meta pourrait très bientôt produire des films avec notre esthétique, notre mise en scène, et à moindre coût », craignent les studios. Un scénario qui ferait évidemment trembler l’industrie du porno, et tout Hollywood dans la foulée.

Comment les studios en sont-ils arrivés à cette conclusion ? Grâce à leur outil maison, VXN Scan, qui leur permet de surveiller les échanges sur BitTorrent. En fouillant leurs archives, ils ont retrouvé 47 adresses IP liées à Meta ou Facebook, qui auraient téléchargé et partagé leurs vidéos depuis 2018 (!).

Plus embêtant encore : les plaignants affirment que Meta ne s’est pas contentée de télécharger, mais aurait aussi « seedé » les fichiers. Autrement dit, l’entreprise aurait partagé activement les contenus avec d’autres internautes pour accélérer les téléchargements. Une technique bien connue des amateurs de torrents, mais qu’on attendait moins d’un géant de la tech.

Au total, les deux studios réclament jusqu’à 359 millions de dollars. En jeu : 2.396 vidéos, à raison de 150.000 $ maximum par œuvre pour contrefaçon volontaire. Ils accusent Meta de violation directe et indirecte du droit d’auteur et demandent un procès avec jury.

Meta n’a pas encore réagi officiellement. Mais les précédents laissent penser qu’un accord à l’amiable n’est pas exclu — Strike 3 a l’habitude de régler ce genre d’affaires en dehors des tribunaux.

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Source : TorrentFreak

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