Il y a des licences Nintendo qui méritent clairement plus d’amour que ce qu’elles reçoivent. Rhythm Paradise en fait partie. J’ai un affect particulier avec cette série depuis son arrivée sur Game Boy Advance. Chaque épisode, sur DS, Wii, et 3DS a toujours été une excellente expérience, certes courte, mais toujours à la hauteur. Alors quand Nintendo a annoncé Rhythm Paradise Groove, mon impatience n’a fait que monter depuis, et cette preview m’a encore donné envie de pouvoir enfin jouer au titre complet au moment de sa sortie le 2 juillet prochain.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, voilà le pitch. Des dizaines de mini-jeux rythmiques complètement absurdes dans lesquels vous devez appuyer sur un à deux boutons. Pas de QTE complexes, pas de partition à déchiffrer. Juste du rythme, de la musique composée par Tsunku, et des situations tellement improbables qu’elles en deviennent hypnotiques. On parle de couper des légumes volants en cadence, de faire rebondir des fruits sur ses biceps, ou de lancer des objets à des grenouilles. Imaginez un peu WarioWare, mais avec des situations parfois encore plus barrées, et c’est exactement aussi génial que ça en a l’air. C’est une licence qui aurait tout intérêt à être beaucoup plus connue du grand public, parce qu’elle est accessible, fun, et musicalement irréprochable.
Plus de contenu qu’on n’en a jamais eu
Premier constat en se penchant sur ce que propose le jeu : le contenu est massif. Rhythm Paradise Groove embarque plus de 80 mini-jeux solo, ce qui en fait d’emblée l’un des épisodes les plus généreux de la série. Mais surtout, il y a en parallèle une trentaine de mini-jeux multijoueur étant totalement différents, pensés spécifiquement pour être joués à quatre. C’est un ajout vraiment bienvenu pour une licence qui a toujours été un peu solitaire dans son expérience, et ça ouvre des perspectives sympas pour des soirées en famille ou entre amis. Il y a ici de la coop et du multijoueur.

La signature sonore et visuelle de la série est toujours là. Les visuels colorés et décalés, la musique et aussi cette voix robotique et complètement délirante qu’on connaissait déjà dans Tomodachi Life, qui donne les instructions des mini-jeux avec un ton qui oscille entre le guide touristique et l’IA devenue folle. C’est déjanté, mais c’est exactement le genre de truc qui contribue à rendre cette série unique et reconnaissable entre mille.
Une accessibilité repensée pour ne plus rester bloqué
Il y a un truc qui a toujours été un peu compliqué pour les nouveaux venus : certains mini-jeux peuvent être frustrants si on n’attrape pas le bon rythme tout de suite. Les épisodes précédents proposaient déjà une sorte de mini-tutoriel avant chaque épreuve pour se mettre dans l’ambiance, et c’est toujours le cas ici. Mais Groove va encore plus loin. Il est maintenant possible de visualiser le bon rythme à adopter si jamais on se retrouve bloqué sur un mini-jeu. Une aide concrète, visuelle, pour comprendre exactement ce que le jeu attend de nous.
Et le meilleur dans tout ça, c’est que c’est entièrement optionnel. Vous ne voulez pas d’aide, vous jouez comme un puriste ? Très bien. Vous séchez sur un mini-jeu depuis vingt minutes, il suffit d’appuyer sur un bouton pour comprendre ce qui vous échappe. C’est le genre de décision de design intelligente qui rend un jeu inclusif sans jamais sacrifier son identité, et c’est clairement la bonne approche pour toucher un public plus large sans frustrer les fans de la première heure.
Beatspell et la composante RPG, la vraie surprise du jeu

Bon, parlons maintenant du truc dont je n’avais pas du tout anticipé l’existence et qui m’a mis une vraie claque pendant cette preview étant le mode Beatspell. Rhythm Paradise Groove intègre un RPG rythmique à part entière, et c’est probablement l’élément le plus ambitieux que la licence ait jamais proposé.
On incarne un personnage, on suit la musique, et on lance des sorts appelés Beatspell. Plus le timing est bon, plus les sorts sont puissants. C’est simple sur le papier, mais dans la pratique, c’est absolument fou. Il y a quelque chose de très satisfaisant dans le fait que chaque attaque soit directement liée au sens du rythme.
L’histoire commence avec notre personnage qui se réveille dans une cave, guidé par cette voix robotique qui l’interpelle. La référence à Zelda Breath of the Wild est évidente et totalement assumée. Le début de l’aventure est fun, bien écrit dans son délire, et on sent immédiatement que Nintendo a eu envie de donner une vraie colonne vertébrale narrative à ce mode.
Entre les chapitres, le personnage s’endort et oublie les améliorations de sorts qu’il a accumulées. C’est la bonne vieille amnésie de RPG, mais assumée avec humour et intégrée dans la logique complètement loufoque de l’univers du jeu.
Pour être honnête, on n’a pas eu accès à grand-chose du mode RPG lors de cette preview. Difficile de juger de l’ampleur réelle du contenu, de la progression, ou de la durée de vie de Beatspell avec ce qu’on a vu. Mais le potentiel est clairement là, et c’est pour moi la décision la plus intéressante de tout le jeu. Si Nintendo réussit à tenir cette promesse sur la durée, Beatspell pourrait bien être le meilleur moyen de faire passer la licence au niveau supérieur et de la sortir enfin du statut de curiosité culte pour en faire une vraie franchise de premier plan.
Un retour qui s’annonce à la hauteur de l’attente
Rhythm Paradise Groove sort le 2 juillet sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2, et après cette preview, je suis particulièrement impatient de pouvoir jouer à la version complète. La base est solide, le contenu est généreux, les ajouts en termes d’accessibilité sont les bons, et Beatspell est une idée qui mérite d’être découverte dans sa totalité.
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