Si une majeure partie de l’industrie culturelle craint l’émergence de l’IA, notamment concernant l’impact que de telles technologies pourraient avoir sur l’emploi, les géants du divertissement sont de moins en moins réfractaires à ces technologies.
Netflix va intégrer des outils du genre à son interface et vient de franchir un cap en utilisant un générateur d’images pour une scène d’explosion dans sa série L’Éternaute. Quelques semaines après les déclarations de Ted Sarandos, patron du N rouge, c’est au tour d’Amazon de miser sur une innovation du genre.
Variety annonce que l’entreprise a injecté une somme non divulguée dans la start-up Fable, spécialisée dans la réalité virtuelle et qui utilise l’intelligence artificielle dans bien des domaines. Le géant du e-commerce a investi plus particulièrement dans la plateforme Showrunner, qui promet à tout un chacun de devenir le créateur de sa propre série.
Concrètement, Showrunner permet de donner vie à des épisodes d’une série animée existante ou inédite simplement en partageant avec un bot l’esthétique souhaitée autant que l’histoire qui doit prendre vie.
L’entreprise d’Edward Saatchi veut révolutionner la manière dont les spectateurs consomment des séries d’animation. Elle n’hésite d’ailleurs pas à se présenter comme une alternative du géant au N rouge boostée à l’intelligence artificielle. Elle espère offrir demain aux spectateurs la possibilité de créer leur propre série Star Wars animée ou leur épisode des Simpsons personnalisé. Une expérience plus proche du jeu vidéo que du simple visionnage.
L’entreprise est prête à passer à la prochaine étape
Pour concrétiser son projet, l’entreprise d’Edward Saatchi doit réunir les fonds nécessaires à l’amélioration de ses modèles IA autant que nouer des partenariats avec les géants de l’industrie culturelle. Le PDG et cofondateur de Fable explique à Variety être en pourparlers avec Disney pour obtenir l’autorisation d’utiliser certaines de ses licences emblématiques.
“Le Toy Story de l’IA ne sera pas un simple Toy Story bon marché. Notre idée est que le Toy Story de l’IA soit jouable, avec des millions de nouvelles scènes, toutes détenues par Disney”.
Il ajoute que ce sera une opportunité pour les entreprises d’offrir à leurs spectateurs une expérience augmentée. “Les spectateurs qui regardent une saison d’une série et l’adorent pourront désormais créer de nouveaux épisodes en quelques mots et devenir des personnages grâce à une photo”.
Il ajoute que les utilisateurs sont particulièrement réceptifs à cette fonctionnalité et apprécie devenir les acteurs de leur propre série et raconter des histoires sur eux. Il suffit d’un regard sur le succès des trends IA Pixar et Ghibli pour se figurer de cet enthousiasme.
Pour l’offre accessible via Discord dans sa version bêta, après une première phase de test fermée et réservée à 10 000 utilisateurs. Dans les prochains mois, la création de contenus sera accessible gratuitement avant qu’un abonnement ne soit lancé. Fable prévoit de le proposer entre 10 et 20 dollars pour un ensemble de crédits à utiliser tous les mois.
Reste que le projet relance l’éternel débat sur la manière dont il sera formé et la rémunération des auteurs, animateurs et créateurs dont les oeuvres ont été analysées par l’outil pour s’améliorer. Il soulève aussi des craintes concernant la manière dont une estampille pourrait être détournée pour illustrer des scènes qui peuvent nuire à l’image de marque des studios.
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