Ryanair ne desservira plus Bergerac, Brive ni Strasbourg à partir de cet hiver. Après Vatry au printemps dernier, ce sont trois nouveaux aéroports qui disparaissent de la carte de la compagnie aérienne low cost. L’entreprise irlandaise y exploitait des liaisons vers l’Écosse ou le Portugal. En tout, 25 lignes seront supprimées dans l’Hexagone pour la saison hivernale, ce qui représente une réduction de 13 % de sa capacité en France, ou encore 750.000 sièges.
Un retrait brutal de plusieurs aéroports régionaux
Ce n’est pas une baisse de l’activité qui explique la fin de ces dessertes, mais un coup de gueule contre la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion décidée par le gouvernement cette année, qui est passée de 2,63 à 7,4 euros pour les vols domestiques ou intra-européens. Une augmentation de 180 % qualifié par Ryanair de « taxe astronomique » et qui mettrait en péril la rentabilité de certaines routes régionales, déjà fragilisées en basse saison.
Dans un communiqué, le directeur commercial de Ryanair, Jason McGuinness, déplore que la France « accuse un tel retard par rapport au reste de l’Union européenne, avec un trafic encore inférieur aux niveaux d’avant-Covid, à cause de taxes et de frais de sûreté excessifs imposés par le gouvernement ».
Et Ryanair ne s’arrête pas là. L’entreprise prévient que sans changement de cap, d’autres suppressions pourraient suivre d’ici l’été 2026. Selon la compagnie, les aéroports régionaux français risquent de se vider alors que les investissements se tourneront vers des marchés plus « accueillants », comme l’Espagne, l’Irlande, la Suède ou la Hongrie, où les taxes sont allégées ou supprimées pour encourager le trafic aérien.
En filigrane, c’est une forme de chantage économique que pratique Ryanair. Si la France renonce à la hausse de cette taxe, elle promet un énorme plan d’expansion : 2,5 milliards de dollars d’investissement, 25 nouveaux avions et un doublement de son trafic à 30 millions de passagers annuels, accompagné de 750 créations de postes dans les régions françaises. Il flotte donc comme un parfum de chantage dans cette décision de Ryanair.
L’Union des aéroports français avait déjà sonné l’alarme sur l’effet de la taxe sur l’attractivité du territoire. Certaines plateformes comme Beauvais, Nîmes, Carcassonne ou Béziers dépendent quasi exclusivement des compagnies low cost, qui représentent plus de 99 % de leur activité.
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas réagi à la décision de Ryanair. Mais cette taxe, pensée à l’origine pour financer des projets de solidarité et de transition écologique, est vécue comme une véritable punition par les compagnies aériennes depuis longtemps, alors que les marges sont très maigres dans le secteur.
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