Derrière l’image carte postale, certaines plages françaises affichent des niveaux de pollution inquiétants, en particulier à cause des bactéries fécales. L’association Eaux & Rivières de Bretagne, qui compile les relevés officiels, vient de publier sa carte actualisée pour 2025 : une centaine de sites sont désormais classés comme à éviter, voire déconseillés.
Une qualité de l’eau qui se dégrade par endroits
Les analyses sont sans appel : sur 1 854 sites de baignade étudiés en France métropolitaine, 83 plages sont jugées “à éviter” et 364 autres “déconseillées”. À l’inverse, un peu plus de 75 % restent classées “peu risquées” ou “recommandées”, mais la tendance est légèrement à la baisse par rapport à l’an dernier. En cause : des précipitations plus intenses qui lessivent les sols et saturent les réseaux d’assainissement, entraînant un déversement massif de bactéries comme Escherichia coli ou les entérocoques intestinaux.
Les régions les plus touchées ? Le littoral nord, la Bretagne et une partie de la Normandie, où l’agriculture intensive reste un facteur aggravant. Selon l’association, un seul élevage porcin peut produire autant de déjections qu’une petite ville, et les ruissellements suffisent à contaminer rapidement une zone de baignade après un épisode pluvieux.
Des risques sanitaires réels, surtout pour les plus fragiles
Se baigner dans une eau chargée en bactéries fécales n’est pas anodin. Le risque le plus courant reste la gastro-entérite, mais on recense aussi des cas d’otites, de conjonctivites ou d’infections cutanées. Les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées sont particulièrement exposés.
Pour éviter les mauvaises surprises, les autorités sanitaires recommandent de rester prudent après un orage : mieux vaut éviter de se jeter à l’eau dans les 24 à 48 heures qui suivent de fortes pluies. Rincer soigneusement les enfants après la baignade est également un réflexe simple pour limiter les risques.
Une carte interactive pour ne pas se tromper
Face à ces données, l’association met à disposition une carte interactive baptisée La Belle Plage, régulièrement mise à jour. Chaque site y est classé selon le pourcentage de prélèvements jugés conformes sur les quatre dernières années : une eau est dite “recommandée” si plus de 95 % des analyses sont bonnes, “peu risquée” entre 85 % et 95 %, “déconseillée” entre 70 % et 85 % et “à éviter” en dessous de 70 %.
Cette surveillance est alimentée chaque été par les Agences Régionales de Santé, qui effectuent leurs prélèvements du 15 juin au 15 septembre. Un suivi essentiel, alors que le dérèglement climatique pourrait encore compliquer la gestion des eaux de baignade dans les années à venir.

Si la majorité des plages françaises restent globalement sûres, le nombre de sites rétrogradés cette année rappelle que la qualité de l’eau reste fragile et dépend de facteurs multiples : état des réseaux, gestion agricole, urbanisation des côtes… Plusieurs communes ont déjà annoncé des plans pour moderniser leurs infrastructures ou renforcer les contrôles sur les rejets agricoles.
En attendant, le conseil reste le même : se renseigner avant de plonger, éviter la baignade après de fortes pluies et rester attentif aux signalements sur place. Une précaution simple, pour que la plage reste un plaisir… et non un souvenir d’infection intestinale.
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