OpenAI, l’éditeur de l’incontournable ChatGPT, a enfin dévoilé GPT-5, levant le voile sur ce nouveau modèle IA révolutionnaire que l’entreprise fait miroiter depuis plusieurs mois.
Voici ce qu’il faut retenir de cet événement, où OpenAI n’a pas lésiné sur les superlatifs pour souligner le potentiel de transformation de son nouveau produit.
“Un superpouvoir à la demande“
Sam Altman a ouvert la conférence avec une introduction percutante, où il n’a pas lésiné sur les compliments vis-à-vis du nouveau produit d’OpenAI. Il a notamment insisté sur son niveau de polyvalence et d’expertise.
“GPT-3, c’était comme parler à un élève de lycée avec quelques éclairs de génie. Avec GPT-4, on se rapprochait plus d’un étudiant d’université, avec des compétences très solides. Mais avec GPT-5, c’est comme avoir une équipe entière d’experts à sa disposition, pour vous aider à faire n’importe quoi“, explique-t-il. “Un vrai superpouvoir à la demande“.
Disponible dès aujourd’hui
Rennie Song a ensuite pris le relais pour donner quelques informations sur la disponibilité. Les nouveaux modèles de la familel GPT-5 seront disponibles dès aujourd’hui, y compris pour tous les utilisateurs de la formule grauite – une première dans l’histoire de la firme, qui donnait traditionnellement la priorité aux utilisateurs payants. Ces derniers bénéficieront en revanche d’un accès illimité au modèle.
Les formules Entreprise, de leur côté, suivront la semaine prochaine.
Un outil d’apprentissage plus performant et plus intuitif
Les intervenants ont ensuite donné un aperçu global des performances de ce nouveau modèle, en lançant une démonstration en direct de la version mise à jour du chatbot.
L’équipe a commencé avec un exemple portant sur une question de physique (“Rappelle-moi ce qu’est l’effet Bernoulli et comment il affecte la forme des avions“). Le modèle s’est exécuté très rapidement, produisant un résumé clair et concis de cette notion complexe en un clin d’oeil.
Les intervenants ont ensuite demandé au modèle d’expliquer le concept plus en détail, et de créer un fichier .svg animé pour l’illustrer. Cette fois, le chatbot a pris beaucoup plus de temps à générer sa réponse, en s’appuyant sur l’approche chain-of-thought qui lui permet de multiplier les étapes de raisonnement pour affiner l’interprétation de la requête. Une minute plus tard, ChatGPT a accouché de 400 lignes de code que les intervenants ont pu faire tourner directement dans le navigateur, produisant ainsi une démo interactive permettant de comprendre intuitivement l’effet Bernoulli.

“ChatGPT rend l’apprentissage beaucoup plus abordable et ludique“, expliquent les porte-paroles.
Des textes plus naturels
L’équipe a ensuite réaffirmé que GPT-5 allait rendre tous ses anciens modèles “obsolètes“, et a profité de l’occasion pour leur écrire deux éloges funèbres : une à l’aide de GPT-4, et une deuxième avec GPT-5 pour comparer leurs productions.
Même s’il s’agit évidemment d’un exemple soigneusement sélectionné et approuvé en amont, la différence est immédiatement claire : GPT-5 a produit un texte nettement plus cohérent avec la requête originale, et a soigneusement évité d’y intégrer les phrases toutes faites et génériques que son prédécesseur avait l’habitude d’utiliser.
Des performances inédites en programmation
Dans une deuxième démonstration, l’équipe a demandé à GPT-5 de créer “une belle application, hautement interactive pour apprendre le français“, en précisant qu’elle devait “permettre un suivi des progrès“, “utiliser un thème enthousiasmant” et “inclure une grande variété d’activités“, y compris des exercices de prononciation.
Une fois la requête traitée, l’intervenant a simplement cliqué sur un bouton permettant de faire tourner ce code en direct… et force est de constater que le résultat est assez impressionnant. En moins de deux minutes, ChatGPT a produit une application certes incomplète, mais truffées de fonctionnalités, et présentée à travers une interface plus que convaincante pour un brouillon de ce genre. Même si cette courte démo ne sera sans doute pas entièrement représentative des performances réelles du modèle, GPT-5 semble immensément plus performant que son prédécesseur dans la production de code et le développement.

Pourrait-il donc rivaliser avec la référence du domaine, Claude Code d’Anthropic – voire même le dépasser ? OpenAI semble convaincu. Plus tard dans la conférence, c’est le cofondateur et président Greg Brockman qui a pris le relais pour insister sur ces performances.
“GPT-5 est un tout nouveau mètre-étalon“, martèle-t-il. “Vous pouvez lui demander de réaliser quelque chose de très compliqué; il va travailler dessus sur une longue période, en utilisant de nombreux outils tiers, pour accomplir votre but le plus rapidement possible“.
Ses co-intervenants ont aussi insisté sur le fait que le modèle a été calibré pour être un véritable assistant à la disposition de l’utilisateur, plutôt qu’un programmeur totalement indépendant – avec des résultats apparemment spectaculaires. “J’ai l’impression que nous sommes parvenus à obtenir un excellent niveau de performance et de fiabilité sur les tâches les plus complexes – c’est la première fois que je me sens assez confiant pour confier mes tâches les plus importantes à l’IA“.
Des interactions vocales améliorées
Sujet suivant : le mode vocal, qui a aussi bénéficié d’une mise à jour substantielle. Il s’exprime désormais à travers un système de synthèse vocale extrêmement convaincant, très expressif et presque naturel. Il est aussi capable de réagir à des requêtes plus nuancées. Par exemple, un intervenant qui l’utilise pour apprendre le coréen a pu lui demander de ralentir son élocution pour faciliter sa compréhension – un exemple de flexibilité assez bluffant.
Une refonte de la fonction “Mémoire”
La fonction mémoire, qui permet au modèle de se souvenir de certaines informations pour rendre les futures interactions plus pertinentes, a également été largement amélioré. Une intervenante qui avait préalablement donné l’accès à sa boîte mail et son calendrier à ChatGPT a pu générer un emploi du temps complet en un clin d’oeil, en intégrant des activités personnalisées basées sur d’autres discussions.
L’accent sur la sécurité
Saachi Jain, directrice de l’équipe sécurité d’OpenAI, est ensuite arrivée sur le plateau pour discuter de cet aspect crucial. Elle a commencé par insister sur le fait que GPT-5 était beaucoup moins susceptible de tromper, voire de mentir effrontément à l’utilisateur – par exemple en prétendant qu’il avait accompli une tâche avec succès alors qu’il avait échoué en réalité.
L’équipe a aussi intégré de nouvelles nuances dans le traitement des requêtes. Jusqu’à présent, le système pouvait seulement décider d’accepter un prompt ou de le refuser complètement si la requête était inappropriée (par exemple dans le cas d’une action illégale). Mais cela n’a pas empêché certains utilisateurs de concocter des prompts astucieux, spécifiquement calibrés pour contourner ces garde-fous. D’un autre côté, le chatbot pouvait aussi aussi de répondre à des questions sensibles, mais néanmoins légitimes et pertinentes.
Désormais, GPT-5 va emprunter une approche différente. Au lieu de refuser certaines requêtes jugées problématiques, il va toujours proposer une réponse – mais celle-ci sera adaptée pour “maximiser l’utilité dans le cadre des contraintes de sécurité“. Par exemple, il explique directement à l’utilisateur pourquoi sa requête pourrait poser problème, et l’aide à explorer des alternatives sûres.
“C’est un grand pas vers une IA plus fiable, robuste et utile“, résume Saachi Jain.
Une révolution dans l’utilisation des données synthétiques
Traditionnellement, les chatbots comme ChatGPT sont entraînés en deux étapes : le pré-entraînement, la phase initiale où un modèle d’IA apprend à partir d’un large ensemble de données générales pour s’approprier la structure du langage, et le post-entraînement, qui permet d’adapter le modèle à des tâches ou domaines spécifiques pour améliorer ses performances.
Avec GPT-5, OpenAI explique qu’elle est désormais en train d’évoluer au-delà de cette pipeline classique, notamment en utilisant de plus en plus de données synthétiques – des données d’entraînement générées par l’IA elle-même.
Cette pratique souffre d’une très mauvaise image, notamment parce que de nombreux experts considèrent qu’elle peut introduire des biais, réduire la diversité des informations et entraîner une sur-représentation sur des données artificielles, avec des conséquences potentiellement très problématiques. Mais l’entreprise affirme avoir trouvé une approche viable pour garantir la viabilité de ces données synthétiques sur le long terme. Une revendication ambitieuse, mais qui pourrait conduire à des améliorations substantielles des modèles au fil du temps, sans risquer la fameuse pénurie de données qui pourrait autrement paralyser ces travaux.
Un outil d’innovation pour l’industrie
OpenAI a aussi longuement insisté sur le fait que son produit a vocation à devenir un outil d’innovation à part entière dans de nombreuses branches de l’industrie. Un intervenant a notamment donné l’exemple d’AmGen, une entreprise pharmaceutique américaine qui développe des médicaments pour lutter contre de nombreuses maladies graves. Après avoir testé GPT-5 dans le cadre de cette activité, elle a conclu que le modèle était extrêmement performant pour les tâches qui relèvent du raisonnement : analyse de littérature scientifique, de données cliniques, et ainsi de suite.
OpenAI a organisé un autre test en partenariat avec la banque BBVA, qui a utilisé GPT-5 pour réaliser des analyses financières – avec des résultats apparemment spectaculaires par rapport à tous les autres modèles du marché. “Ce qui prenait trois semaines à un analyste humain, GPT-5 l’a fait en quelques heures“, résume Olivier Godement, chef de produit de la plateforme OpenAI.
Le modèle a aussi été testé dans une entreprise d’assurance médicale appelée Oscar. Ses équipes ont apparemment conclu qu’il s’agissait du “meilleur modèle pour le raisonnement clinique, capable de relier des tableaux cliniques complexes aux cas précis des patients“.
Un “partenaire de pensée”… et un assistant médical ?
Et ce n’est pas tout; un autre exemple montre qu’OpenAI est déterminé à intégrer son produit dans le domaine médical.
Sam Altman a été rejoint sur le plateau par un employé et sa conjointe, à qui ses médecins ont récemment diagnostiqué plusieurs formes de cancer. Cette dernière a ensuite livré un témoignage sur son parcours médical… et sur la façon dont la nouvelle version de ChatGPT, apparemment entraînée sur un jeu de données médicales validé par 250 praticiens, a pu l’aider à prendre des décisions éclairées sur son protocole de soin.
“Quand on m’a proposé la radiothérapie, j‘ai ressenti le poids de cette décision qui allait fortement impacter ma vie, et je ne me sentais pas armée pour prendre cette décision. Je me suis tournée vers ChatGPT pour m’aider à comprendre les nuances de mon cas. Et en quelques minutes, il m’a fourni un rapport qui correspondait à ce que les médecins avaient déjà partagé avec nous, mais qui contenait aussi beaucoup plus d’informations que ce qu’un médecin peut exprimer lors d’une consultation de 30 minutes. Cela m’a aidé à peser le pour et le contre, à comprendre les bénéfices et les risques… et finalement, à prendre une décision informée. C’est devenu un partenaire de pensée.”
Une histoire percutante et émouvante, destinée à prouver que l’agent conversationnel est désormais capable d’aider le public à prendre des décisions très importantes, notamment dans le domaine médical – un secteur évidemment critique où l’avis des professionnels expérimenté doit évidemment être privilégié. Il sera intéressant de lire les retours du corps médical sur cette initiative qui risque de faire couler beaucoup d’encre.
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