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Sketchers lance ses baskets géolocalisables par Airtag, mais Apple n’est pas d’accord

Quand la basket connectée relance le débat sur la vie privée des enfants.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la nouvelle gamme de baskets connectées Find My Skechers, dotée d’un compartiment conçu pour accueillir un AirTag d’Apple, suscite la controverse. Présentée comme une solution pour ne plus perdre les chaussures des enfants (et accessoirement, les enfants eux-mêmes), l’innovation questionne l’avenir de la surveillance numérique, mais surtout la protection de la vie privée des plus jeunes.

Technologie sous surveillance

Tout commence quand Skechers, poids lourd de la chaussure pour enfants, lance à l’été 2025 sa gamme Find My Skechers : des baskets intégrant un logement discret sous la semelle, sécurisé par un couvercle vissé, destiné à recevoir un AirTag. Ce petit traceur Bluetooth d’Apple, initialement pensé pour retrouver des clés ou un bagage, permet ainsi aux parents de localiser une chaussure, et l’enfant qui la porte, via l’application dédiée du géant californien.

Si la marque assure que l’objectif est de localiser ses baskets, personne n’est dupe. Sur les réseaux sociaux, les vidéos montrant comment des parents inquiets glissent un AirTag, ou tout autre accessoire de géolocalisation dans les affaires de leurs enfants cartonnent. Des semelles creuses sont accessibles à la vente, et les trackers GPS se font de plus en plus discrets. Sur le papier, Sketchers reste dans les clous, tout en rassurant les parents. Sur le terrain, il s’agit surtout d’un argument pour contourner la vigilance des législateurs sur la vie privée des mineurs.

Apple n’est pas d’accord

Du côté d’Apple, la désapprobation est totale. La firme rappelle que ses AirTags n’ont jamais été conçus pour suivre des personnes, enfants compris. L’entreprise se refuse d’ailleurs à ouvrir son réseau à cet usage, invoquant des enjeux majeurs de sécurité et de droit : la pile bouton des AirTags présente par exemple un risque sanitaire sérieux en cas d’ingestion accidentelle.

Après quelques faits divers sordides impliquant ses balises miniatures, Apple avait d’ailleurs renforcé son dispositif anti-surveillance : l’AirTag se met à biper s’il reste séparé de son propriétaire, et un iPhone à proximité peut notifier la présence d’un traceur inconnu. Une application Android avait même était développée pour éviter les dérives.

Find My Sketchers (1)
© Sketchers

Confort parental ou surveillance abusive ?

La possibilité de localiser son enfant rassure de nombreux parents, mais les critiques fusent. Outre les dangers cybersécuritaires liés, la surveillance constante peut saper la confiance et l’autonomie des enfants. Tandis que certains y voient une avancée pragmatique face aux peurs contemporaines, beaucoup dénoncent un abus pédagogique, et une forme de coercition parentale. Il faudra sans doute que les législateurs se penchent rapidement sur la question.

Sur le plan légal

L’utilisation d’un tracker GPS doit impérativement respecter la législation en vigueur. En France, surveiller une personne à son insu constitue une atteinte à la vie privée selon l’article L226-1 du Code pénal, passible d’un an d’emprisonnement et de 45 000€ d’amende. Si un tracker est placé sur une personne, ce doit être obligatoirement avec son consentement explicite. Une dérogation légale existe toutefois pour les enfants mineurs.

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