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Apple pourrait racheter le champion français de l’IA

Apple rechigne à signer de gros chèques, mais la vague actuelle d’investissements dans l’IA met le constructeur sous pression. Google, Microsoft et Meta dépensent des milliards pour renforcer leurs positions, mais la firme à la pomme continue de privilégier de petites acquisitions ciblées. Reste que deux noms circulent désormais en interne : l’américain Perplexity et le français Mistral AI.

Depuis sa création, Apple a bâti sa réputation en développant la plupart de ses innovations en interne. Cette philosophie a permis de garder un contrôle strict sur ses produits, mais ça devient un problème quand cette approche complique l’intégration de technologies extérieures. Et cela provoque souvent le départ rapide des fondateurs des start-up rachetées.

Apple hésite à sortir le chéquier

Les rares acquisitions importantes dans l’histoire de l’entreprise — Beats en 2014 pour 3 milliards de dollars ou la branche modem d’Intel en 2019 pour 1 milliard — restent des exceptions. La comparaison est frappante avec Meta, qui a investi récemment 14 milliards de dollars dans Scale AI, ou Google, qui a signé un accord de 2,4 milliards avec Windsurf pour renforcer DeepMind.

Ne pouvant constater que son retard dans l’IA, Apple s’intéresserait à deux entreprises du secteur, selon le site The Information. Le premier dossier concerne Perplexity, moteur de recherche créé en 2022 qui combine GPT et Claude pour délivrer des réponses en temps réel. Sa valorisation, comprise entre 14 et 18 milliards de dollars, ferait de son acquisition la plus coûteuse de l’histoire d’Apple. Mais Perplexity ne développe pas ses propres modèles de langage, ce qui limite son intérêt stratégique et technologique.

Mistral AI, en revanche, coche davantage de cases : la start-up parisienne fondée en 2023 conçoit ses propres modèles open source, optimisés pour être plus légers et moins gourmands en ressources. Elle propose aussi des modèles commerciaux accessibles par API. Estimée à 6 milliards d’euros fin 2024, Mistral semble plus abordable. Mais son statut de « champion européen » complique toute opération : Emmanuel Macron s’en est fait l’ambassadeur de la souveraineté numérique, et Bruxelles verrait probablement d’un très mauvais œil un rachat par un groupe américain.

Pour l’instant, rien n’indique qu’Apple soit prêt à franchir le pas. Eddy Cue, patron des services et partisan des rachats ambitieux, aurait bien évoqué ces pistes en interne, mais d’autres dirigeants, comme le chef logiciel Craig Federighi, restent convaincus que les équipes internes peuvent développer leurs propres solutions.

Dans le même temps, Apple continue de tester une approche hybride. Siri est déjà relié à ChatGPT lorsqu’il ne sait pas répondre, et la version personnalisée de l’assistant pourrait à terme s’appuyer sur Gemini, le modèle de Google. Cupertino n’a pas non plus abandonné le développement de ses propres modèles, même s’ils sont encore loin des cadors du secteur.

Avec 133 milliards de dollars de trésorerie, Apple a largement les moyens de rivaliser avec ses concurrents. Mais son aversion historique pour les grosses acquisitions et ses difficultés à intégrer des talents extérieurs constituent des freins très sérieux.

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