Qiddiya, une branche du Fonds d’Investissement public de l’Arabie saoudite dédiée aux sports, au divertissement et à la culture, a acquis la totalité de RTS, une agence spécialisée dans l’esport qui gérait jusqu’à présent l’Evolution Championship Series, plus connu sous le nom d’Evo.
Pour ceux qui n’en seraient pas familiers, il s’agit d’un événement chargé d’histoire qui compte parmi les plus importants et prestigieux de tout l’écosystème esport depuis plus de 20 ans. Chaque année, l’élite des principaux jeux de combat du marché – de Street Fighter à Tekken en passant par Mortal Kombat, Guilty Gear et consorts – se rassemble pour en découdre devant des milliers de fans, avec l’objectif de remporter l’un des trophées les plus convoités du circuit et une place au panthéon des jeux de baston.
Jusqu’à présent, deux entités se partageaient les droits du tournoi : NODWIN Gaming, une organisation indienne qui a racheté les parts de Sony à la mi-août, et RTS, qui vient donc de céder ses parts à Qiddiya. En l’espace de deux semaines, l’Evo a donc complètement changé de mains.
Quel impact sur le futur du tournoi ?
Toute la question, c’est de savoir dans quelle mesure ces opérations vont impacter le “Wimbledon des jeux de combat”.
Les nouveaux propriétaires pourraient par exemple continuer la manoeuvre d’expansion entreprise par les organisateurs depuis quelques années. Pour rappel, il s’agissait initialement d’un tournoi unique localisé aux Etats-Unis. Mais en 2018, le tournoi a commencé à s’exporter au Japon, sous le nom d’Evo Japan. Cette année, une nouvelle itération va même avoir lieu en Europe, et plus précisément au Palais des Expos de Nice, en octobre prochain.
Grâce au fonds apporté par l’investissement saoudien et à l’expertise de Nodwin dans les marchés émergents, nous pourrions voir apparaître davantage de déclinaisons sur les prochaines années. L’Inde figure évidemment en tête de liste, puisqu’il s’agit du pays d’origine d’un des nouveaux propriétaires.
On peut également imaginer un Evo à Riyad – mais cela semble un peu moins probable, notamment parce que l’Arabie Saoudite héberge déjà un autre gigantesque tournoi : l’Esports World Cup (EWC). Celle-ci est également soutenue par Qiddiya, et le fonds d’investissement pourrait donc éviter d’organiser un second événement annuel majeur dans le pays afin d’éviter qu’ils se fassent concurrence.
En parallèle, on peut aussi s’interroger sur le contenu de ces événements. Les nouveaux propriétaires vont-ils honorer la tradition de l’Evo en restant focalisés sur les jeux de combat… ou pourraient-ils décider d’y inclure d’autres esports populaires pour émuler le succès de l’EWC, quitte à s’attirer les foudres d’un public très attaché à cette tradition ? Rendez-vous l’année prochaine (ou peut-être même le 10 octobre pour la première édition européenne à Nice) pour les premiers éléments de réponse.
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