Passer au contenu

Pour éviter la ringardisation, Facebook remet le « poke » au goût du jour

Le retour du coup de coude virtuel ! Meta a décidé de dépoussiérer le fameux « poke », cette petite pichenette numérique qui amusait — ou agaçait — les utilisateurs des débuts de Facebook. L’entreprise espère transformer ce clin d’œil d’antan en nouveau jeu social pour séduire la Gen Z.

Créé au milieu des années 2000, le « poke » n’a jamais eu de véritable utilité. Il permettait simplement d’envoyer un signal, qui pouvait être perçu comme une plaisanterie, une tentative de flirt ou une manière d’agacer quelqu’un. Sans explication officielle de Facebook, l’interprétation était laissée aux utilisateurs.

Vous vous rappelez du poke ?

Désormais, Meta intègre à nouveau un bouton bien en évidence sur les profils. Il est aussi possible de suivre l’historique des échanges sur la page facebook.com/pokes. Les utilisateurs peuvent ainsi compter le nombre de « pokes » envoyés et reçus, et même voir apparaître des icônes spécifiques en fonction de la fréquence des interactions : un feu 🔥, le chiffre « 💯 » ou d’autres symboles. En cas de gêne, il est aussi possible de refuser un poke sans y répondre.

Meta rappelle que la fonction n’a jamais complètement disparu, mais elle était devenue quasi invisible. Un premier test, mené en 2024 avec une mise en avant du poke dans la barre de recherche, avait déjà entraîné un bond spectaculaire : 13 fois plus d’utilisations en un mois. De quoi encourager l’entreprise à aller plus loin.

Pourquoi revenir sur une fonction aussi datée ? La réponse se trouve du côté des plus jeunes utilisateurs, une population que Facebook peine à séduire. Meta cherche à réintroduire des éléments issus du Facebook des origines, histoire de rappeler l’esprit des débuts du réseau. Mark Zuckerberg lui-même avait évoqué son souhait de redonner plus de place aux contenus postés par les « vrais amis ».

Le poke s’inscrit aussi dans une logique de gamification, largement répandue sur Snapchat ou TikTok. Les « streaks » de Snapchat — ces séries de messages échangés quotidiennement — sont devenues un marqueur social important chez les adolescents et les jeunes adultes. En s’inspirant de ce mécanisme, Meta espère recréer une dynamique similaire même si Facebook ne pourra jamais se débarrasser de son image de réseau social pour les vieux !

Une interrogation demeure : cette relance trouvera-t-elle son public ? Le poke a toujours été un outil ambigu, parfois jugé amusant, parfois considéré comme inutile ou gênant. Mais l’idée d’en faire un petit jeu, avec un compteur et des icônes à collectionner, pourrait séduire une génération habituée à ces attentions ludiques.

En parallèle de ses investissements colossaux dans l’intelligence artificielle et le métavers, Meta veut aussi montrer qu’il n’a pas oublié ses fondamentaux. Ressortir des cartons l’une des fonctions les plus emblématiques de ses débuts est autant un clin d’œil aux nostalgiques qu’une tentative de séduire ceux qui n’ont jamais connu Facebook sans fil d’actualité.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode