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Mars : la NASA pense avoir trouvé des signes de vie microbienne passée !

Perseverance, le formidable rover martien de l’agence spatiale américaine aurait-il enfin trouvé le Graal de l’astrobiologie ?

La NASA vient de diffuser une conférence dédiée à une découverte de Perseverance, le rover qui arpente Mars depuis février 2021 à la recherche de traces de vie passée ; elle pense désormais avoir trouvé des biosignatures laissées par d’anciens micro-organismes dans un échantillon collecté l’année dernière.

L’annonce de cette conférence a intrigué tout le monde, car le format était assez inhabituel. En règle générale, l’agence américaine présente les découvertes de son rover martien sous la forme de simples billets de blog. Mais cette fois, ce sont plusieurs grands noms de l’institution qui se sont rassemblés pour nous faire part de ces nouveautés en direct, dont l’administrateur par intérim Sean Duffy, la responsable opérationnelle Nicky Fox et plusieurs scientifiques de haut vol. On pouvait donc s’attendre à des révélations majeures… et c’est précisément ce qui s’est passé.

Une découverte majeure en juillet 2024

Tout a commencé en juillet 2024, quand Perseverance a atteint Neretva Vallis, l’artère principale de 400 mètres de large qui mène au delta du cratère de Jezero. Il s’agit d’une zone particulièrement intéressante, car c’est par ce canal qu’est arrivée toute l’eau qui a transformé la région en un vaste lac il y a un peu moins de quatre milliards d’années. Toute découverte dans cette zone est donc particulièrement prometteuse, sachant que ce précieux liquide est intimement lié à la vie telle qu’on la connaît.

Lorsque Perseverance est arrivé sur place, en juillet 2024, il est tombé sur un affleurement rocheux qui a immédiatement attiré l’attention de la NASA à cause de son apparence singulière. Il présentait notamment des veines irrégulières et ramifiées qui ne pouvaient s’être formées que dans un environnement aquatique, propice à l’émergence de formes de vie potentielles.

Les analyses préliminaires du rover ont aussi montré que ces veines étaient constituées de sulfate de calcium. Il s’agit d’une espèce chimique extrêmement stable, capable de préserver des traces de processus géologiques ou des biosignatures pendant des milliards d’années. En d’autres termes, c’est une archive naturelle inestimable dans le cadre de la recherche de vie.

En se penchant de plus près sur ces roches, le rover a également identifié de nombreux petits points noirs, comparables à des “taches de léopard” ou à des “grains de pavot”. Ces derniers étaient emprisonnés dans de la boue solidifiée riche en carbone — l’une des briques essentielles de la vie telle qu’on la connaît. Perseverance a aussi observé que les grains étaient particulièrement chargés en fer et en phosphore. Or, sur Terre, ces minéraux sont souvent des sous-produits du métabolisme de micro-organismes qui consomment de la matière organique.

C’est la toute première fois que Perseverance a trouvé ces trois éléments rassemblés précisément au même endroit, et cela rend l’échantillon incroyablement prometteur. La NASA a même déclaré qu’il s’agissait de la plus belle découverte depuis le début de la mission Mars 2020 ; selon les membres de l’équipe de recherche, il existe une vraie probabilité que des micro-organismes martiens aient vécu à cet endroit il y a plusieurs centaines de millions d’années.

“Nous ne voyons aucune autre explication

L’agence est toutefois restée extrêmement prudente. Il existe en effet de nombreux processus géologiques qui auraient théoriquement pu produire des structures susceptibles d’être prises pour des biosignatures, sans l’intervention d’êtres vivants. À ce jour, les chercheurs n’ont jamais réussi à éliminer toutes ces pistes alternatives ; il était donc impossible de conclure que nous avions affaire à des traces fossilisées d’activité biologique sur Mars.

Depuis plus d’un an, les chercheurs de la NASA ont travaillé d’arrache-pied pour éliminer un maximum de pistes potentielles vis-à-vis de ce nouvel échantillon. Et cette fois, la situation semble différente; tous les scénarios purement géologiques évoqués jusqu’à présent ont été écartés les unes après les autres.

Autrefois, nous pensions déjà avoir trouvé des traces de vie passée. Mais à chaque fois, il y avait différentes explications possibles”, a expliqué Sean Duffy, administrateur adjoint de l’agence. “Cette fois, après un an d’analyses, nous ne voyons aucune autre explication.

La prudence reste de mise

Nicky Fox, administratrice adjointe de l’agence, a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas encore de la preuve définitive tant attendue. En marge de la conférence, les chercheurs qui ont conduit ces analyses ont aussi publié un long papier de recherche sur leur investigation. Celui-ci pourra être consulté par tous les autres spécialistes de l’astrobiologie. Ils pourront alors livrer leur propre interprétation des résultats et de la méthodologie, afin de décider s’ils adhèrent à l’hypothèse de la NASA ou s’ils privilégient un autre scénario.

Quel que soit le résultat, il sera absolument fascinant de lire les retours de la communauté scientifique sur ces travaux. Mais pour obtenir une réponse définitive, il faudra sans doute attendre que cet échantillon inestimable puisse être analysé directement sur Terre — et cela n’arrivera pas avant la mission Mars Sample Return, prévue dans les années 2030.

Vous l’aurez compris : nous ne sommes pas encore à l’abri d’une désillusion, mais il s’agit incontestablement de la découverte martienne la plus prometteuse à ce jour. “Nous n’avons jamais été aussi proches de découvrir des traces de vie passée sur Mars — nous sommes extrêmement enthousiastes”, se réjouit Nicky Fox.

Rendez-vous d’ici quelques mois, quand les chercheurs auront eu le temps de décortiquer la nouvelle étude, pour les premiers éléments de réponse !

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Source : NASA

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