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L’eau est-elle vraiment plus sûre avec les carafes filtrantes ?

Carafes filtrantes et filtres sur robinet sont des alternatives face aux eaux en bouteille, surtout après les scandales de contamination récents. Mais leurs performances restent très inégales, selon 60 Millions de Consommateurs.

Au printemps dernier, un rapport de l’Anses a mis en lumière l’utilisation de traitements interdits dans certaines sources du groupe Nestlé Waters, propriétaire de marques bien connues comme Perrier, Contrex ou Hépar. Ces pratiques ont conduit à une commission d’enquête sénatoriale aux conclusions sévères. Le groupe a reconnu ses torts et accepté une amende de 2 millions d’euros.

L’eau en bouteille perd du terrain

Ces scandales, conjugués à une prise de conscience écologique, poussent les consommateurs à se détourner des bouteilles en plastique. Les ventes d’eau minérale ont ainsi reculé de 4,3 % en deux ans, ce qui signale le basculement progressif vers l’eau du robinet. Mais elle n’est pas pour autant exempte de tout reproche : des traces de pesticides interdits, la présence quasi systématique de PFAS (ces « polluants éternels ») et des résidus de fongicides comme le chlorothalonil rappellent que tout n’est pas rose pour l’or bleu.

Face à ces inquiétudes, un Français sur cinq équipe son foyer d’un dispositif de filtration, selon un baromètre Kantar/Cieau. Carafes filtrantes, filtres sur robinet ou solutions « naturelles » comme le charbon actif japonais séduisent les consommateurs soucieux de leur santé. Mais que valent réellement ces systèmes ?

Les tests menés par 60 Millions de consommateurs révèlent des performances très contrastées. Côté minéraux, la Brita laisse passer calcium et magnésium, comme annoncé sur son emballage, tandis que d’autres modèles, comme les Homeside et Aarke en retiennent excessivement. En revanche, seule la carafe Hydropure se distingue sur les nitrates et nitrites, avec une filtration supérieure à 90 %.

La question des métaux lourds illustre aussi ces écarts : Aarke se montre efficace contre le plomb et le nickel, là où Brita peine à les éliminer. Les filtres installés sur les robinets affichent globalement de meilleurs résultats, notamment Hydropure qui est proche du sans-faute sur plusieurs critères, hormis une filtration moyenne du nickel.

Mais le tableau s’assombrit lorsqu’on aborde les pesticides et les PFAS. Si certains dispositifs éliminent efficacement un herbicide courant comme le S-métolachlore, aucun ne parvient à piéger correctement le PFOA, un des polluants les plus préoccupants. Les analyses microbiologiques soulèvent par ailleurs des cas de contamination bactérienne, parfois dès la première utilisation, avant un rinçage préalable du filtre.

Enfin, n’oublions pas l’aspect du goût qui hélas n’est pas totalement convaincant. Si l’odeur du chlore disparaît dans la plupart des cas, son goût persiste souvent, même avec les systèmes jugés les plus performants.

Avec des eaux embouteillées en perte de crédibilité et un robinet lui aussi soumis à cette pollution diffuse, les consommateurs sont noyés entre les contraintes sanitaires et les préoccupations écologiques. Les dispositifs de filtration peuvent constituer un compromis, mais leur efficacité reste limitée selon les polluants. Pour l’heure, aucune solution ne garantit une eau parfaitement pure.

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