Lors d’une séquence finale mémorable, Butch Cassidy et Sundance Kid se jettent sous les balles, sous forme de dernier coup d’éclat. Nous sommes en 1969 et Robert Redford n’est qu’un jeune premier au physique agréable. 56 ans plus tard, l’acteur est parti rejoindre son compère Paul Newman, non pas sous les balles, mais dans son sommeil, paisiblement selon le communiqué. Du coup d’éclat de ses débuts, c’est aujourd’hui une légende éclatante qui s’éteint, à 89 ans.
Acteur de renom, il a cumulé les œuvres devenues des classiques du cinéma comme Les Hommes du Président, L’Arnaque, Les Trois jours du Condor, Jeremiah Johnson, L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Out of Africa… la liste est longue. Et n’en déplaise à Léo, le maillot de bain de Gatsby n’était magnifique que sur Robert.
Il fut pendant très longtemps l’un des acteurs les plus convoités du marché. Son charisme et son humour l’ont rendu capable d’incarner n’importe quel rôle, de la comédie au drame, en passant par le blockbuster comme chez Marvel où il tenu un rôle majeur dans Captain America : The Winter Soldier. Oui, il pouvait, parfois, se laissait tenter par des œuvres plus légères. Il fit preuve de son talent jusqu’au bout, comme lorsqu’il dut tenir seul la barre, exigeante à son âge, dans All is lost en 2013. L’un de ses meilleurs rôles et l’un de ses derniers.

Réalisateur chevronné, activiste passionné
Robert Redford, c’était également un réalisateur reconnu, notamment par un Oscar du meilleur réalisateur en 1981 pour Des gens comme les autres, son premier long-métrage qu’il signa à l’âge de quarante ans. Film qui lui valu également deux Golden Globes. Au total, il aura réalisé neuf films et participé à plus de 80 projets. Une carrière qui lui a valu plusieurs fois la reconnaissance de ses pairs, notamment par des prix honorifiques comme un César d’honneur en 2019. Pourtant, le box-office et la critique n’ont pas toujours été tendres avec lui, le qualifiant trop souvent de « charmeur ». Et s’il détestait être réduit à ça, il faut bien reconnaître que la caméra l’aimait.
Redford était surtout un fervent activiste, notamment pour la cause environnementale, qui n’hésitait jamais à refuser un rôle si le film manquait de profondeur et n’avait aucun impact politique, culturel ou social. Plus d’une fois, il s’est élevé contre la direction que prenait Hollywood, fondant même un festival consacré au cinéma indépendant, du nom du personnage qui l’a fait connaître : Sundance. Un festival dont la popularité grandissante ne lui plaisait pas toujours, y voyant une certaine forme de récupération marketing loin de l’idée d’origine. On lui doit également Sundance Institute, une organisation à but non lucratif dédiée à la culture des nouvelles voix du cinéma.
Son corps ne lui permettant plus d’être mobile comme avant, il s’était retiré dans son ranch de l’Utah, presque à contrecoeur, laissant derrière lui une légende et un nom que des générations d’acteurs, de réalisateurs, de spectateurs et d’encore tant d’autres personnes citent souvent en exemple. L’un des derniers géants de son époque nous a quitté.
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