Un nouveau rapport de Bloomberg vient de relancer un débat que Microsoft préférerait sans doute éviter : celui de la viabilité économique du Game Pass. Selon des estimations internes relayées par d’anciens employés, l’arrivée de Call of Duty : Black Ops 6 sur le service d’abonnement l’année dernière aurait représenté un manque à gagner de près de 300 millions de dollars. Un chiffre vertigineux, surtout quand on se souvient que la licence Call of Duty a été l’un des arguments majeurs lors du rachat d’Activision Blizzard. On rappelle que l’acquisition à 69 milliards de dollars est censée justifier, en partie, le modèle Game Pass.
Or, ce modèle, longtemps vanté comme l’avenir du jeu vidéo, montre aujourd’hui ses limites. En interne, Microsoft s’inquiète. Les jeux intégrés dès leur lancement au catalogue, surtout ceux à gros budget, cannibaliseraient leurs ventes classiques sur toutes les plateformes. Le rapport évoque des projections financières internes très précises qui n’ont pas bonne mine.
Des objectifs trop hauts pour la firme
Pour compenser la perte liée à Black Ops 6, le Game Pass aurait dû attirer près de 15 millions d’abonnés supplémentaires sur un an, un seuil quasi impossible à atteindre d’autant plus que les tarifs ont récemment augmenté (jusqu’à 27 € par mois pour la version Ultimate). On comprend désormais mieux pourquoi Microsoft a choisi de réserver les sorties “day one” à la seule formule Ultimate du Game Pass. En retirant cet avantage des deux offres les moins chères, la firme tente visiblement de compenser les pertes colossales engendrées par l’arrivée de titres majeurs comme Black Ops 6 dans le service.
Chaque sortie d’envergure représente un manque à gagner considérable sur les ventes directes, et limiter cet accès exclusif aux abonnés les plus dépensiers pourrait être un moyen de ralentir le phénomène, voire d’inverser la tendance. Une stratégie qui sur le papier paraît logique d’un point de vue économique, mais qui risque aussi d’accentuer le fossé entre les joueurs selon leur budget.
Une aubaine pour PlayStation ?
Pourtant, Black Ops 6 a battu des records de ventes et d’abonnements Game Pass dès sa sortie. Mais la réalité est plus nuancée. En effet, 82 % des ventes au prix fort du jeu ont été réalisées sur PS5, alors même qu’il s’agissait du premier épisode publié sous la bannière de Microsoft. Une situation qui profite largement à Sony, lequel peut désormais se positionner comme l’alternative stable face à un écosystème Xbox en plein changement.
Pour PlayStation, chaque lancement simultané sur Game Pass devient l’opportunité d’attirer les joueurs désireux d’acheter leurs jeux sans dépendre d’un abonnement ou d’une politique de service susceptible d’évoluer. Cette fragilité du modèle est d’autant plus visible qu’elle s’accompagne de licenciements massifs chez Xbox, de hausses de prix et d’un manque de transparence.
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