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Data centers orbitaux : pourquoi l’avenir de l’IA se joue dans l’espace

De plus en plus d’entreprises travaillent désormais sur des concepts de data centers orbitaux, afin d’exploiter la lumière de notre étoile pour subvenir aux besoins énergétiques croissants de cette industrie.

Pourrons-nous un jour délocaliser les immenses data centers qui soutiennent toute notre infrastructure numérique, et notamment l’industrie de l’intelligence artificielle, en orbite de la Terre ? Si certains observateurs restent sceptiques, de plus en plus d’entreprises et de grands noms de l’industrie – dont Jeff Bezos – semblent convaincus que ce n’est plus qu’une question de temps.

Personne n’ignore que l’intelligence artificielle est devenue une industrie extrêmement compétitive. Depuis quelques années, tous les titans de la tech, de Google à Microsoft en passant par Amazon ou encore Meta, se livrent une course effrénée à la puissance de calcul — une ressource indispensable pour entraîner les immenses modèles d’IA modernes.

En pratique, cela implique de construire des centres de traitement de données toujours plus énormes et performants. On peut citer Stargate, le projet d’infrastructure d’IA à 500 milliards de dollars de Microsoft et OpenAI. Mais tout le monde ne voit pas cette dynamique d’un bon œil ; pour certains, il s’agit d’une tendance préoccupante, dans un contexte de crise environnementale qui devrait nous pousser à la sobriété énergétique.

L’espace, un paradis pour les data centers ?

Dans ce contexte, certains ont recommencé à brandir un concept audacieux : délocaliser ces data centers en orbite de notre planète. L’idée pourrait sembler saugrenue, mais elle présente pourtant des avantages particulièrement intéressants dans ce contexte — notamment en ce qui concerne l’énergie.

Contrairement aux systèmes photovoltaïques terrestres, un data center orbital bénéficierait d’une exposition constante à la lumière de notre étoile, sans intermittence liée au cycle jour-nuit. En outre, il s’agirait d’une exposition directe, sans atmosphère ni phénomènes météorologiques susceptibles d’en réduire le rendement.

Par conséquent, un panneau solaire peut généralement produire 30 à 40 % plus d’énergie dans l’espace que sur Terre, et ce quasiment en permanence. En théorie, il serait donc possible de sustenter ces énormes data centers rien qu’à la lumière de notre étoile, ce qui représenterait déjà un énorme pas en avant.

En outre, les data centers actuels n’utilisent pas seulement de l’énergie pour alimenter les composants nécessaires au traitement des données. Il faut aussi refroidir tout ce matériel — et cela demande de grandes quantités d’eau, mais aussi d’énergie (environ 30 % du budget énergétique de l’installation, en règle générale). Or, l’environnement spatial pourrait aussi nous aider à ce niveau ; certains modèles suggèrent qu’un data center orbital pourrait être entièrement refroidi avec des radiateurs passifs, ce qui représenterait une économie d’énergie plus que substantielle.

Le nouvel El Dorado de l’IA ?

Pour toutes ces raisons, plusieurs entreprises ont déjà décidé de s’engouffrer dans la brèche. On peut citer le géant européen Thales Alenia Space : en 2024, le groupe franco-italien a expédié une première preuve de concept de ce genre à bord de l’ISS.

En août 2025, c’est l’entreprise américaine Axiom qui a fait de même. D’ici la fin de l’année, cette dernière espère aussi déployer deux “vrais” data centers orbitaux en orbite terrestre basse — une initiative qui nous permettra d’en savoir plus sur la viabilité économique du concept.

Tout l’enjeu, désormais, sera de rendre ces installations plus rentables que les data centers terrestres. Cela ne sera pas une mince affaire, connaissant les contraintes logistiques et techniques associées à ces projets ; il faudra notamment fabriquer des composants spécialisés en masse, pouvoir lancer le tout à un prix raisonnable et trouver un moyen d’en réaliser la maintenance sans faire exploser le budget.

Mais malgré ces obstacles, de plus en plus de magnats de la tech semblent désormais convaincus qu’il s’agit de la bonne stratégie. C’est notamment le cas de Jeff Bezos, qui s’est exprimé sur le sujet pendant la Tech Week de Turin. Pour le fondateur d’Amazon, ce n’est plus qu’une question de temps avant que l’espace ne devienne le nouvel Eldorado de cette industrie.

“Ces énormes clusters, nous aurons tout intérêt à les construire dans l’espace. C’est déjà ce qui s’est passé avec les systèmes de communication et de surveillance météo ; la prochaine étape, ce sont les data centers. Dans l’espace, nous serons en mesure de battre le coût des centres de données terrestres au cours des deux prochaines décennies”, cite Reuters.

Il conviendra donc de suivre attentivement l’évolution de cette niche technologique fascinante ; si les initiatives de Thales Alenia Space et Axiom continuent de produire des résultats intéressants, le pronostic de Jeff Bezos pourrait bien se concrétiser encore plus vite que prévu.

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