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Elon Musk vient de franchir un record absolu dans l’histoire de l’humanité

Le milliardaire sud-africain n’a jamais été aussi riche (et autant controversé). Mais pendant que sa fortune explose, ses prises de position publiques divisent de plus en plus.

Elon Musk est devenu le premier être humain à posséder une fortune estimée à 500 milliards de dollars. Un demi-trillion. Un chiffre qui donne le vertige et qui dépasse l’imagination. Pour vous donner une idée, ça représente plus que le PIB combiné de 54 pays parmi les plus pauvres de la planète. Le milliardaire pourrait s’offrir 36 000 Bugatti La Voiture Noire, la voiture la plus chère du monde. Ou encore 37 milliards de Big Mac. Mais bon, on imagine qu’il a d’autres projets.

Un empire bâti sur plusieurs piliers

Cette fortune astronomique ne sort pas de nulle part. Elle repose principalement sur Tesla, dont l’action a grimpé de près de 4 % le jour même, ajoutant plus de 9 milliards à son portefeuille en quelques heures. Depuis qu’il a quitté ses fonctions gouvernementales en avril dernier, l’action du constructeur automobile a presque doublé. Les investisseurs semblent préférer un Musk concentré sur ses affaires plutôt qu’un Musk en mission politique.

SpaceX pèse aussi dans la balance et pas qu’un peu. L’entreprise spatiale affiche désormais une valorisation de 400 milliards de dollars après une offre privée en août. Musk en détient 42 %, soit environ 168 milliards. À cela s’ajoute xAI Holdings, né de la fusion entre sa startup d’intelligence artificielle et le réseau social X. Cette entité vaut 113 milliards, dont le milliardaire possède un peu plus de la moitié.

L’ascension a été fulgurante. En mars 2020, sa fortune stagnait à 24,6 milliards. Cinq ans plus tard, il a multiplié ce montant par vingt. Forbes estime même que s’il maintient ce rythme, il pourrait devenir le premier « trillionnaire » de l’histoire avant mars 2033. Un nouveau plan de rémunération chez Tesla pourrait d’ailleurs lui rapporter jusqu’à 1 000 milliards de dollars s’il atteint des objectifs qualifiés d’astronomiques.

La croisade contre Netflix

Mais pendant que son compte en banque explose, Musk multiplie les combats controversés. Il vient par exemple de lancer une offensive contre Netflix. La raison ? Une série animée pour enfants, Dead End le Parc du Paranormal, qui met en scène un personnage transgenre. Le show a été annulé en 2023 après deux saisons, mais ça n’empêche pas le milliardaire de partir en croisade.

Sur X, il martèle le message auprès de ses 227 millions d’abonnés. En trois jours, il poste et reposte au moins 26 appels au boycott. Il accuse la plateforme de streaming de pousser un « agenda transgenre woke » sur les enfants et écrit sans détour : « Désabonnez vous de Netflix pour la santé de vos enfants ». L’attaque ne s’arrête pas là. Il qualifie même le créateur de la série de « groomer », terme anglais particulièrement insultant qui suggère des intentions pédophiles.

Les répercussions sont immédiates. L’action Netflix chute de 2 % dès le lendemain. Des vagues d’utilisateurs postent des captures d’écran de leur annulation d’abonnement. Le créateur de la série, Hamish Steele, reçoit des torrents de messages homophobes et antisémites, au point de devoir quitter temporairement les réseaux sociaux. Netflix, de son côté, garde le silence radio, refusant de commenter cette tempête médiatique.

Un divorce fracassant avec Trump

Cette croisade contre Netflix s’inscrit dans une année 2025 déjà chargée en polémiques. Le grand spectacle, c’est évidemment sa rupture brutale avec Donald Trump. Après avoir financé massivement la campagne présidentielle de 2024 et occupé un poste au sein du gouvernement, les deux hommes se sont déchirés publiquement début juin.

Musk attaque violemment le projet de loi budgétaire de Trump, qu’il qualifie d’« abomination dégoûtante ». Le président riposte en traitant le milliardaire de « fou » et menace carrément d’annuler les contrats fédéraux avec ses entreprises. Musk va encore plus loin en insinuant que Trump serait lié aux fichiers de Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel. Une accusation qu’il finira par supprimer, reconnaissant être « allé trop loin ».

Tesla, victime collatérale de son CEO

Toutes ces controverses ont des conséquences bien réelles sur Tesla. Les ventes dégringolent en Europe. En Norvège, au Royaume-Uni et en Allemagne, les chiffres sont dans le rouge. Des propriétaires de Tesla collent des autocollants sur leur voiture avec des messages du type « Je l’ai achetée avant qu’Elon ne pète un plomb » ou « J’aime ma Tesla, pas son PDG ». Certains vont jusqu’à revendre leur véhicule.

Des manifestations éclatent devant les concessions Tesla au Canada et aux États-Unis. En Allemagne, des activistes projettent une image du salut controversé de Musk sur le mur d’une usine, accompagné du mot « Heil ». Ce geste effectué lors de l’investiture de Trump avait provoqué un tollé international, beaucoup y voyant une ressemblance troublante avec le salut nazi.

La capitalisation boursière de Tesla s’est effondrée de plus de 40 % entre décembre 2024 et mars 2025, passant de 1 540 à environ 775 milliards de dollars. Une perte de 765 milliards qui reflète l’inquiétude croissante des investisseurs. Des fonds de pension et gestionnaires d’actifs spécialisés dans l’investissement responsable se retirent du capital, jugeant que la marque et son patron sont devenus indissociables.

Une Europe qui grince des dents

Le Vieux Continent non plus n’en peut plus. La Commission européenne a révélé avoir versé plusieurs centaines de millions d’euros aux entreprises de Musk. SpaceX a décroché 197 millions de dollars pour lancer des satellites du programme Galileo. Tesla a reçu 159 millions d’euros pour l’installation de bornes de recharge. Certains eurodéputés, comme l’Allemand Daniel Freund, s’insurgent contre l’idée de « financer un ennemi déclaré de l’UE et de nos valeurs fondamentales ».

Les tensions s’accumulent aussi autour de X. La Commission européenne enquête sur la plateforme pour désinformation et propagande haineuse en ligne.

Le paradoxe Musk

Voilà donc le portrait d’un homme qui bat tous les records de richesse tout en se mettant à dos une partie croissante de l’opinion publique. Celui qui a révolutionné l’industrie automobile électrique et rendu l’espace accessible aux entreprises privées est aussi celui qui lance des guerres culturelles sur les réseaux sociaux, boycotte des plateformes de streaming et s’attire les foudres des institutions démocratiques.

Forbes le voit devenir trillionnaire d’ici quelques années. Mais à quel prix ? Ses employés chez Tesla rédigent des lettres ouvertes réclamant sa démission. Des clients historiques de la marque la fuient. Des gouvernements européens remettent en question leurs partenariats avec ses entreprises. Même son alliance avec Trump, pourtant stratégique, a volé en éclats. Le plus fascinant dans tout ça, c’est que Musk semble s’en moquer complètement. Sur X, il continue de poster des mèmes, de lancer des polémiques et de défendre ses positions avec une détermination qui semble tourner à l’obsession.

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