Les autorités viennent de sonner l’alarme au sujet d’une nouvelle campagne d’escroquerie à grande échelle, dont les auteurs se font passer pour les forces de l’ordre afin d’obtenir un paiement illégitime.
Le concept en lui-même n’a rien de nouveau ; cela fait de nombreuses années que des malfaiteurs essaient de soutirer de l’argent aux particuliers en usurpant l’identité des autorités. Ces arnaques prennent souvent la forme d’e-mails menaçants qui accusent le destinataire d’infractions plus ou moins sérieuses.
Mais récemment, la Gendarmerie a constaté la recrudescence d’un mode opératoire particulièrement vicieux : accuser les victimes de crimes impliquant des enfants, dans un courrier truffé de jargon législatif et affublé d’un faux tampon de la Brigade de protection des mineurs.
#CyberSécurité 📩 Vous avez reçu un mail de la " Direction centrale de la gendarmerie
Brigade de protection des mineurs "❓
👉 C'EST UNE ESCROQUERIE !
✅ Ne payez pas
✅ Ne répondez pas
✅ Ne cliquez sur aucun lien ou pièce jointe
✅ Signalez-le sur ⤵️https://t.co/g8AgDWYFDr pic.twitter.com/QwZWlEkoH5— Gendarmerie nationale (@Gendarmerie) October 9, 2025
L’objectif est toujours le même : faire paniquer les usagers et les pousser à contacter rapidement les malfrats pour éviter que l’affaire ne prenne des proportions encore plus importantes. Une fois le contact établi, ces derniers auront donc tout le loisir d’enfoncer le clou pour distribuer des malwares via de faux documents supplémentaires, collecter des informations personnelles qui seront ensuite revendues, ou encore obtenir le paiement d’une certaine somme.
Comment identifier ces faux documents ?
Heureusement, il est tout à fait possible d’éviter de tomber dans le panneau en prêtant attention à quelques signaux assez évocateurs.
Le premier, et le plus évident, c’est qu’aucune institution gouvernementale — que ce soit la police, la gendarmerie ou d’autres organes judiciaires — n’utilisera jamais un courrier électronique pour notifier une accusation ou une convocation. Ces contacts s’effectuent quasi exclusivement par courrier recommandé ou en main propre. Par conséquent, tout e-mail faisant référence à ce genre de crime grave — a fortiori à caractère sexuel — sera forcément une arnaque ou une tentative de phishing.
Un autre élément devrait immédiatement attirer l’attention des victimes : le fait que le courrier réclame explicitement des documents officiels, à commencer par une copie d’un passeport. Il s’agit d’un signal d’alerte clair, et pour cause : les véritables forces de l’ordre n’exigeront jamais, sous aucun prétexte, l’envoi de pièces d’identité par courriel, surtout dans un contexte aussi délicat.
Un autre indice se cache dans l’adresse e-mail évoquée dans le faux document : elle est construite autour d’un nom de domaine qui n’a rien d’officiel. Si une institution réelle cherche à vous contacter par e-mail pour une raison ou une autre, elle le fera toujours à partir d’une adresse qui se termine par @interieur.gouv.fr, @justice.gouv.fr ou @gendarmerie.interieur.gouv.fr.
Enfin, plusieurs éléments de langage devraient faire tiquer les lecteurs. Le texte contient plusieurs expressions assez informelles, comme Cher internaute, qui ne seront jamais utilisées dans une communication gouvernementale officielle.
Comment réagir ?
La meilleure façon de gérer ces sollicitations est de les ignorer complètement et de ne surtout pas répondre aux messages. Par ailleurs, il est crucial de ne pas se laisser intimider et de ne rien céder aux arnaqueurs. Cela implique évidemment de ne pas verser la moindre somme d’argent et de ne pas envoyer de documents personnels, car ces derniers pourraient ensuite être utilisés pour faire chanter la victime ou usurper son identité.
Même si cela peut être tentant, il est aussi important de ne pas cliquer sur les éventuelles pièces jointes. Ces dernières pourraient en effet contenir différents types de malwares qui, dans le pire des cas, peuvent être utilisés par des pirates pour extraire des informations sensibles de votre ordinateur (coordonnées, identifiants…).
Enfin, la Gendarmerie nationale recommande de signaler toutes ces tentatives d’arnaque sur la plateforme cybermalveillance.gouv.fr, afin que l’institution puisse ensuite alerter la population comme elle l’a fait dans ce cas.
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