Alors que le débat fait rage en Europe sur l’avenir du thermique et la fameuse échéance de 2035, Guido Haak, directeur produit avancé et planning groupe, pose les choses clairement. L’électrique représente désormais 80 % des investissements du constructeur français. Selon lui, cette stratégie ne bougera pas, peu importe ce que décidera Bruxelles dans les prochains mois. Le message est clair, Renault continuera à faire évoluer ses modèles essence actuels, histoire de ne pas laisser ses clients sur le carreau. Le Clio de sixième génération, dévoilée en grande pompe à Munich en septembre dernier, en est la parfaite illustration. Mais ne vous attendez pas à voir débarquer de nouveaux moteurs thermiques, cette page-là est en train de se tourner définitivement.
2030, l’année où tout bascule
Haak ne se contente pas de grandes annonces vagues, il met les chiffres sur la table. La prochaine génération de véhicules électriques du segment C (les compactes), prévue pour 2028, affichera des coûts réduits de 40 % par rapport aux modèles actuels. Un sacré bond en avant qui rapprochera mécaniquement le prix des électriques de celui des thermiques.
D’ici 2030, le constructeur français table carrément sur un basculement complet. Les voitures électriques deviendraient alors moins chères à produire que leurs équivalentes à essence, surtout dans les segments supérieurs. Une perspective qui paraissait utopique il y a encore quelques années, mais qui devient désormais crédible avec les progrès technologiques sur les batteries et l’industrialisation massive.
Le thermique de plus en plus cher
Cette évolution ne tombe pas du ciel. Pendant que les coûts de production des électriques dégringolent, ceux des moteurs thermiques s’envolent, la faute à une avalanche réglementaire. Renault anticipe plus d’une centaine de nouvelles normes d’ici 2030, chacune ajoutant son lot de contraintes et de surcoûts.
Le passage de l’Euro 6e bis à l’Euro 7 illustre parfaitement cette tendance. Malgré l’assouplissement obtenu in extremis auprès de Bruxelles, ce changement coûtera 200 euros supplémentaires par véhicule au constructeur. Une somme qui finira forcément dans la facture finale du client. Les hybrides s’en sortiront mieux, déjà quasiment conformes à ces nouvelles exigences, mais le thermique pur va trinquer.
Les SUV dans le viseur
Haak lâche une bombe en fin d’interview annonçant que les SUV pourraient bien être les grandes victimes de cette transition. Avec la réglementation CAFE (imposant une réduction des émissions de CO2 pour les véhicules neufs) qui se durcit et ces surcoûts qui s’accumulent, ces mastodontes de la route tant prisés par les automobilistes européens risquent de voir leurs prix exploser, au point que plus personne ne voudra les acheter.
Cette prédiction inquiète forcément pour le marché de l’automobile quand on sait que les SUV représentent aujourd’hui une part énorme du marché. Renault semble pourtant décidé à assumer ce virage, quitte à bousculer les habitudes de ses clients. La marque anticipe clairement un changement radical des comportements d’achat.
La flexibilité comme mot d’ordre
Avec seulement 18 % de ventes électriques en Europe aujourd’hui, Renault reste lucide. Le constructeur qui rêvait d’être 100 % électrique au début de cette décennie a dû revoir ses ambitions. Haak insiste sur la nécessité d’être flexible et de s’adapter aux demandes du marché, même si cela implique de maintenir plus longtemps que prévu les modèles thermiques.
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