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Nouveau contrôle aux frontières en Europe : voici ce qui change

L’Europe s’attaque aux contrôles aux frontières grâce à la biométrie et à de nouvelles réglementations.

Il y a du nouveau si vous comptez voyager. À partir de ce dimanche 12 octobre, tous les voyageurs non-européens souhaitant entrer ou sortir de l’espace Schengen devront désormais se soumettre à une prise d’empreintes digitales, une photo et un enregistrement de leurs données personnelles. Ce nouveau système, baptisé EES (Entry/Exit System), marque une transformation majeure du contrôle des frontières européennes, avec l’objectif clair de renforcer la sécurité et mieux identifier les voyageurs dépassant les 90 jours autorisés de séjour.

Concrètement, l’EES remplace le traditionnel tampon sur le passeport. Désormais, les ressortissants hors Union européenne, qu’ils soient touristes britanniques, américains, canadiens ou encore japonais, verront leurs informations biométriques enregistrées à chaque entrée et sortie. Ces données seront stockées dans une base commune à l’ensemble des pays membres de l’espace Schengen (à l’exception de Chypre et de l’Irlande), ainsi qu’à l’Islande, la Norvège, la Suisse et au Liechtenstein.

Comment ça fonctionne ?

Mais cette modernisation s’annonce complexe. Après plusieurs reports consécutifs notamment à cause de la Coupe du monde de rugby 2023 et des Jeux olympiques de Paris 2024, les États européens ont préféré adopter une mise en place progressive. En France comme en Allemagne, seuls quelques points de passage testeront le système dans un premier temps, afin d’éviter les files d’attente interminables redoutées dans les aéroports et aux postes frontaliers.

Le dispositif pourra être réalisé sur des bornes automatisées ou des tablettes mobiles, parfois directement depuis les véhicules dans les ports. Toutefois, si un voyageur refuse la collecte de ses données biométriques, l’entrée sur le territoire européen lui sera refusée.

Du côté des agents de la Police aux frontières (PAF), la prudence domine. Car si les grands aéroports internationaux peuvent compter sur des renforts logistiques ou des prestataires privés, les petits aéroports régionaux, comme Nantes ou Beauvais, risquent d’être beaucoup plus touchés par les lenteurs administratives et les tensions sur le personnel. Cédric Caste, délégué national du syndicat Unité SGP Police, explique :

“Les six mois de montée en puissance du dispositif vont permettre de voir si c’est jouable ou pas.”

Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs anticipé d’éventuelles complications : en cas d’engorgement massif, les autorités se réservent le droit de suspendre temporairement le contrôle biométrique pour revenir à l’ancien système du cachet manuel. Reste à savoir si, dans les prochains mois, la promesse d’efficacité tiendra face à la réalité du terrain.

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