La Chine a mis en place une nouvelle série de normes sur le démantèlement et le recyclage des batteries de véhicules électriques, avec des résultats apparemment très impressionnants.
Selon un rapport cité par ITHome et relayé par Car News China, un programme pilote serait parvenu à revaloriser 99,6 % du nickel, du cobalt et du manganèse, ainsi que 96,5 % du lithium extrait de ces composants. Ce sont tous des matériaux stratégiques dont la disponibilité et le coût influencent directement la compétitivité et la durabilité de la filière électrique.
Il est assez difficile de contextualiser ces chiffres, car le recyclage est une pratique encore relativement balbutiante, qui commence seulement à monter en puissance avec la démocratisation des véhicules électriques. Mais selon The Equation, les réglementations actuellement en vigueur en Europe visent un taux de recyclage de 90 % pour le cobalt et le nickel d’ici fin 2027, et de 95 % d’ici fin 2031. Cela suggère que le taux réel est significativement plus bas sur le Vieux Continent.
Certes, c’est probablement aussi le cas en Chine ; ces chiffres proviennent d’un programme pilote qui, techniquement, ne concerne pas encore toute l’industrie du pays. Mais ce programme est apparemment en train d’être implémenté à grande échelle, ce qui laisse penser que la Chine progresse déjà plus rapidement que ses principaux concurrents dans ce domaine.
Un levier pour réduire la dépendance aux importations
À l’heure actuelle, la Chine domine déjà largement la quasi-totalité de la chaîne de production des batteries. Selon plusieurs analystes, elle raffine environ 70 % du lithium mondial, 80 % du cobalt et 90 % du graphite utilisés dans les batteries. Elle est aussi responsable d’environ 75 % de la production globale de batteries Li-ion.
La seule exception reste l’extraction des matériaux bruts : la majorité du lithium est minée en Australie, au Chili et en Argentine, le cobalt provient surtout du Congo, et le nickel est principalement extrait en Indonésie, aux Philippines et en Russie.
Mais à mesure que les filières de recyclage montent en puissance, cette dépendance pourrait progressivement s’atténuer. Selon un rapport du Conseil international pour un transport propre (ICCT), disponible ici, le recyclage pourrait réduire la demande mondiale de nouveaux minerais — lithium, cobalt, nickel et manganèse confondus — d’environ 3 % d’ici 2030, 11 % en 2040 et 28 % en 2050. Avec ses nouvelles directives, la Chine pourrait donc diminuer sa dépendance aux importations de matières premières et, par extension, consolider encore davantage son quasi-monopole sur la chaîne de valeur des batteries.
Selon les mêmes sources, le pays est aussi en train de mettre en place un comité technique national dont l’objectif sera de créer un ensemble de normes unifiées pour le recyclage de toutes les batteries, y compris en dehors de l’industrie automobile. Son travail concernera aussi bien les véhicules électriques que les navires ou les systèmes de stockage à grande échelle qui soutiennent le réseau électrique.
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