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Un tunnel « Poutine-Trump » creusé par Elon Musk ? Certains en rêvent !

Le Kremlin rêve de relier la Russie et les États-Unis avec un tunnel ferroviaire de 112 kilomètres sous le détroit de Béring. Le projet, baptisé « tunnel Poutine-Trump », serait censé symboliser l’unité entre les deux pays. En réalité, il ressemble surtout à une idée sortie tout droit d’un roman d’espionnage… ou d’un tweet d’Elon Musk.

Certains creusent pour trouver du pétrole, d’autres pour la paix mondiale. Kirill Dmitriev, représentant de Vladimir Poutine et patron du fonds souverain russe RDIF, vient de proposer de relier la Russie et les États-Unis par un tunnel sous le détroit de Béring, au nord de l’Alaska. Rien que ça.

De la guerre froide au froid polaire

Le projet, estimé à 8 milliards de dollars (un tarif « discount » selon lui), porterait le nom de « tunnel Poutine-Trump ». Il s’agirait d’un lien ferroviaire et de fret entre la Tchoukotka, à l’extrême est de la Russie, et l’Alaska. Dmitriev voit dans cette idée un symbole d’unité entre les continents et, accessoirement, une manière d’attirer l’attention d’Elon Musk : il a proposé que The Boring Company, l’entreprise de tunnels du milliardaire, s’en charge.

« Imaginez connecter les Amériques et l’Eurasie ! », a-t-il écrit sur X, anciennement Twitter. Rien n’interdit de rêver, même si le projet ressemble davantage à un délire d’ingénieur qu’à un chantier imminent. Ce n’est pas la première fois que la Russie imagine un pont vers l’Amérique. Un projet de « Kennedy-Khrouchtchev World Peace Bridge » avait déjà vu le jour pendant la guerre froide — resté sur le papier, comme on s’en doute. Cette fois, Dmitriev assure que des études de faisabilité ont débuté il y a six mois, dans la foulée du premier pont ferroviaire russo-chinois.

L’annonce est tombée peu après un appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui ont convenu de se rencontrer à Budapest pour discuter de la guerre en Ukraine. Interrogé sur le tunnel le lendemain, Trump a trouvé l’idée « intéressante ». À ses côtés, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a simplement répondu : « Je ne suis pas heureux de cette idée. » Fou rire général.

Au-delà des traits d’humour, le chantier serait logiquement titanesque. Le détroit de Béring est large, glacé, et isolé. Les infrastructures russes dans la région sont quasi inexistantes, et la construction d’un tunnel dans cette zone polaire coûterait sans doute bien plus que les 8 milliards annoncés. Officiellement, le projet est censé « connecter les continents pour la première fois dans l’histoire humaine». Officieusement, il tient surtout de la diplomatie de l’absurde : un peu de nostalgie soviétique, une touche de communication pro-Trump et une pincée de Musk pour faire parler de la Russie autrement que par la guerre en Ukraine.

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