Il y a tout juste huit mois, TikTok se lançait dans le e-commerce en France en inaugurant TikTok Shop, une plateforme intégrée nativement à son application sociale, pour permettre aux marques de commercer directement avec les internautes. Une idée en or pour l’entreprise chinoise : fini les vidéos qui se terminent par un lien externe : désormais, l’achat se fait directement, sans quitter l’application, et les utilisateurs achètent via des vidéos, des lives shopping, ou des boutiques intégrées au profil des créateurs.
Il y a quelques semaines, l’entreprise avait convié la presse française à fêter les six mois de son nouvel écosystème d’achat, fort d’un maillage de 16500 vendeurs, et d’une part de marché grandissante sur le secteur du e-commerce. Sauf qu’après seulement huit mois d’existence en France, TikTok Shop suffoque déjà sous les produits contrefaits et les articles non conformes, pointe France Info dans une enquête publiée en début de semaine.
L’invasion des faux produits à bas prix
Comme Shein, AliExpress ou encore Joom, TikTok Shop est une marketplace. Ce qui signifie que ce qui s’y vend est géré par des vendeurs tiers, sans lien avec TikTok. Difficile donc de contrôler ce qui transite sur la plateforme. C’est donc tout logiquement qu’on retrouve des produits contrefaits, des “dupes” de sacs de luxe à moins de 10€, ou encore des articles dangereux, non conformes aux législations et aux normes européennes. Comme sur le reste des plateformes similaires, le problème s’aggrave lorsqu’il est question de produits cosmétiques ou de jouets pour enfants, avec des risques bien réels pour la santé des utilisateurs.
Face à cette débâcle, l’Union des fabricants a appelé à des contrôles renforcés. Après la découverte de poupées pédopornographiques sur Shein, les législateurs ne peuvent plus laisser passer le moindre doute. De son côté, TikTok interdit officiellement l’achat, la vente ou la promotion de produits contrefaits. Dans la pratique, la modération est souvent poreuse.
Réglementation française : une exception mondiale
En France, un autre élément entre en jeu : la loi dite “influenceurs” impose une transparence stricte aux partenariats rémunérés entre marques et créateurs. Son non-respect expose jusqu’à 300 000€ d’amende et deux ans de prison. Le problème, c’est qu’à l’échelle mondiale, des centaines de créateurs font la promotion de produits contrefaits via TikTok Shop sans déclaration, sans transparence, et sans risque réel de sanction.
Malgré des chiffres affichés plutôt encourageants, le constat est amer. TikTok Shop devait offrir une expérience de commerce social authentique et sécurisée, facilitant non seulement la vie des influenceurs, mais aussi des internautes. Au lieu de cela, elle a rapidement basculé en zone grise.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.