C’est un simple post Instagram devenu viral qui a créé le scandale : et si LinkedIn favorisait les profils masculins au détriment des femmes dans ses recommandations ? Depuis le mois dernier, de plus en plus d’utilisatrices de la plateforme dénoncent les biais sexistes de LinkedIn. Pour appuyer leur théorie, certaines ont volontairement changé de genre : en modifiant leur nom, leur pronom, et en utilisant l’IA pour réécrire certains posts sur un ton plus “masculin”, beaucoup affirment avoir vu leur visibilité exploser sur le réseau social. La situation deviendrait encore plus marquée en ajoutant une fausse moustache à sa photo de profil.
Le problème, c’est que si le biais sexiste supposé de LinkedIn est difficile à prouver, il pourrait s’avérer particulièrement problématique. Les femmes sont déjà largement défavorisées dans le monde du travail. Saper leur visibilité sur un réseau censé être vecteur d’opportunités professionnelles ajoute une pierre supplémentaire à la liste des discriminations dont elles font l’objet.
LinkedIn nie tout biais sexiste
Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la plateforme assure de manière catégorique que les algorithmes “n’utilisent pas le genre comme critère de classement“. “Le fait de changer de genre sur votre profil n’a aucune incidence sur la façon dont votre contenu apparaît dans les résultats de recherches ou le fil d’actualité“. Reste que LinkedIn compte 57% d’hommes parmi son milliard d’utilisateurs actifs. Son algorithme — comme n’importe quel autre — se nourrit de ce qui fonctionne, et priorise les postes viraux, tout en intégrant nos biais sociétaux.
Gagner en visibilité sur le réseau social n’est pourtant pas anodin, surtout dans certains secteurs d’activité (notamment la tech, le marketing, la finance, etc…), où les chasseurs de talents sont particulièrement actifs. Un profil moins recommandé, et donc moins visible, rate potentiellement des connexions professionnelles déterminantes, des partenariats et des promotions. À plus long terme, cela induit non seulement des postes à responsabilités moindres, mais également des écarts salariaux bien réels pour des emplois similaires. Rappelons que depuis le 10 novembre, les femmes travaillent “gratuitement”, à cause des disparités de salaire qui existent avec leurs homologues masculins. Mettre une fausse moustache ne changera rien au fond du problème, c’est tout le système qu’il faut réformer.
Du coup, on fait comment ?
Plutôt que de vouloir jouer à contre-courant de l’algorithme (combat dont vous sortirez forcément perdants), mieux vaut limiter son audience aux bonnes personnes. En évitant les posts biberonnés à l’IA, les messages génériques et l’autopromo à outrance, vous augmentez vos chances d’être vus. Pensez aussi à la régularité.
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