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iRobot dépose le bilan : le fabricant de Roomba est racheté par son sous-traitant chinois

Le fabricant chinois Picea prend les rênes pour 100% du capital.​ Un tsunami dans le monde de l’électroménager autonome.

Le pionnier des robots domestiques vient de faire faillite. Fondée en 1990 par des ingénieurs du MIT, l’entreprise a d’abord visé la défense et l’espace avant de révolutionner le nettoyage avec son iconique Roomba lancé en 2002. L’annonce de la faillite est tombée dimanche soir : après plus de 30 ans de nettoyage domestique, l’entreprise passe à 100% entre les mains de son sous-traitant chinois Picea.

La pression des concurrents chinois

Si le chiffre d’affaires 2024 de l’entreprise s’élève à 682 millions de dollars, ses marges fondent sous la pression des rivaux low-cost chinois comme Ecovacs ou Roborock. iRobot domine encore les États-Unis et le Japon, mais les clones asiatiques inondent le marché.​ Forcée de brader ses prix, la marque a vainement tenté de rattraper son retard technologique et ses dettes. Picea Robotics, sous-traitant de la marque basé à Shenzhen et au Vietnam, a effacé l’ardoise d’iRobot et renfloué les caisses, contre 100% du capital. Le géant passe entièrement aux mains des Chinois.

Les tarifs douaniers ont aggravé le tableau : une taxe de 46% sur les imports vietnamiens – où iRobot assemble ses Roomba pour l’Amérique – a alourdi la facture de 23 millions de dollars en en 2025. Une situation ironique, puisque les mesures mises en place par l’administration Trump visaient justement la concurrence chinoise, mais ont fini par toucher iRobot et sa chaîne de production dématérialisée.

Roomba sous pavillon chinois

Ce rachat par Picea, qui inclut 7000 salariés, 1300 brevets, 20 millions de robots produits – s’annonce comme un sauvetage pragmatique. iRobot passe en privé, delisté du Nasdaq, libéré de sa dette pour investir dans la next-gen : IA avancée, mapping précis, intégration smart home. Gary Cohen, CEO, y voit un “jalon pivotal” pour allier design consumer d’iRobot à l’expertise manuf chinoise. Les actionnaires historiques, eux, font zéro : dilution totale.​

Dans un secteur robotique en hypercroissance boosté par l’IA et les maisons connectées, iRobot pourrait rebondir sous Picea, fort de sa marque iconique. Ou se fondre dans la masse chinoise, et finir par péricliter. Les tarifs persistants et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pèseront lourd. Pour les utilisateurs de la marque, le quotidien reste pour l’instant inchangé, mais promet de bouleverser le marché dès février 2026.

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