Le Zotac Magnus EN275060TC est déjà remarquable par son format : 2,65 litres seulement, soit à peine plus qu’une grosse box internet. Et pourtant, à l’intérieur, on trouve une GeForce RTX 5060 Ti de bureau, dans sa version 16 Go. Pas une déclinaison mobile, pas une carte bridée : une « vraie » RTX.
Un connecteur PCIe qui fait deux métiers à la fois
La surprise vient en regardant comment la carte est branchée. Le connecteur PCIe, cette longue rangée de contacts dorés qui relie la carte graphique à la carte mère, est ici physiquement divisé en deux. Ce n’est pas un gadget visuel : chaque moitié a un rôle bien précis.

La première partie sert à ce que fait normalement un port PCIe : transmettre les données entre le GPU et le reste du système. Dans le cas du Magnus, cette liaison fonctionne en PCIe 5.0 x8, ce qui offre déjà une bande passante très confortable. La seconde partie, elle, est dédiée à l’alimentation électrique de la carte graphique. Autrement dit, le PCIe ne sert plus seulement à « parler » avec le GPU, mais aussi à le nourrir en énergie. Les outils comme GPU-Z identifient d’ailleurs cette configuration comme un montage hybride « PCIe 5.0 x8 + PCIe 5.0 x8 ».
Sur un PC classique, une carte graphique a besoin d’un ou plusieurs câbles d’alimentation supplémentaires, branchés directement depuis l’alimentation. Dans un mini-PC très compact, ces câbles prennent de la place, compliquent l’assemblage et gênent parfois le refroidissement. Zotac contourne le problème à la racine. La carte mère du Magnus reçoit une alimentation de 19 V, comme un ordinateur portable. Une partie de cette énergie est ensuite envoyée directement vers la RTX 5060 Ti via la seconde moitié du connecteur PCIe. Résultat : aucun câble d’alimentation GPU, et un intérieur beaucoup plus propre.
Ce système permet à la carte graphique de disposer d’environ 180 W, soit suffisamment pour fonctionner à pleine puissance. Malgré la liaison PCIe réduite à x8 pour les données, les performances ne s’effondrent pas : en PCIe 5.0, cette largeur reste largement suffisante pour une RTX 5060 Ti, y compris en jeu. Il y a bien quelques limites. Zotac autorise une hausse de la puissance jusqu’à +11 %, mais le refroidissement du Magnus montre vite ses limites. La carte a du mal à tenir longtemps les 180 W, ce qui rend l’overclocking assez peu pertinent. Ce n’est pas vraiment l’objectif de la machine.
En revanche, l’idée derrière ce PCIe « double usage » pourrait inspirer d’autres mini-PC, surtout pour des cartes graphiques de milieu de gamme dont la consommation reste sous les 200 W. Sans bouleverser les standards, Zotac montre qu’avec un peu d’ingéniosité, on peut rendre le matériel plus compact, plus lisible et plus simple à intégrer. Et ça, même les non-initiés peuvent en saisir l’intérêt.
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