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Autopilot trompeur : Tesla pourrait être obligé de suspendre ses ventes en Californie !

La Californie menace de suspendre pendant 30 jours les ventes de Tesla dans l’État si le constructeur continue d’utiliser les appellations « Autopilot » et « Full Self-Driving » pour des technologies qui exigent toujours une supervision humaine.

Le message envoyé par le Department of Motor Vehicles (DMV) californien est assez clair : Tesla a 90 jours pour se mettre en conformité ou s’exposer à une suspension des ventes d’une durée de 30 jours dans l’État ! En cause, l’utilisation jugé trompeuse des termes « Autopilot » et « Full Self-Driving » (FSD) pour désigner des systèmes de niveau 2, qui ne rendent pas les véhicules autonomes et exigent une attention constante du conducteur.

Un ultimatum de 90 jours

Selon le régulateur, Tesla a exagéré les capacités de ces fonctions dans ses communications et ses messages marketing diffusés en 2021 et 2022, allant jusqu’à suggérer que ses voitures pouvaient effectuer des trajets courts ou longs « sans aucune action du conducteur ». Or, rappelle l’administration, ces véhicules « ne pouvaient pas alors, et ne peuvent toujours pas aujourd’hui, fonctionner comme des voitures autonomes ».

Steve Gordon, directeur du DMV, estime que la solution est à portée de main : Tesla peut prendre des « mesures simples » pour régler durablement le problème, notamment en modifiant sa terminologie, comme elle l’a déjà fait sur d’autres marchés. Le constructeur, lui, dénonce une décision présentée comme un acte de « protection du consommateur », affirmant qu’« aucun client ne s’est plaint » et assurant que « les ventes en Californie se poursuivront sans interruption ».

L’enjeu est considérable. La Californie est le premier marché automobile du pays et l’État le plus avancé en matière d’adoption des véhicules électriques. Tesla y a immatriculé plus de 135.000 voitures sur les neuf premiers mois de l’année, soit environ 11 % de ses livraisons mondiales sur la période. Une suspension, même temporaire, frapperait donc directement le chiffre d’affaires.

La Californie abrite aussi l’usine de Fremont, unique site d’assemblage des Model S et Model X, avec une capacité de production annuelle supérieure à 650.000 véhicules. Tesla a tenté de se défendre en invoquant le Premier amendement de la Constitution américaine, estimant que ses messages publicitaires relèvent de la « liberté d’expression ». Les avocats du groupe accusent aussi le DMV d’avoir sorti certaines déclarations de leur contexte et d’ignorer les avertissements fournis aux conducteurs.

Ce n’est pas la première fois que Tesla est pris la main dans le pot de confiture autour de ses systèmes d’assistance à la conduite. Les autorités américaines ont déjà contraint le constructeur à rappeler près de deux millions de véhicules en 2023, jugeant que l’« Autopilot » ne prévenait pas suffisamment les usages à risque. Une enquête est toujours en cours sur l’efficacité des correctifs déployés, tandis que la fonction FSD est examinée après plusieurs accidents, dont un mortel.

En août, Tesla a subi un revers judiciaire majeur : un jury de Miami a condamné l’entreprise à verser 243 millions de dollars de dommages et intérêts, estimant que le système avait partiellement contribué à un accident fatal…

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Source : Bloomberg

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