La fibre va devoir rattraper son retard. Initialement prévue pour cette année, la fin programmée de l’ADSL ne sera finalement pas pour tout de suite. En tout cas pas pour tout le monde. Dans près de 8000 communes, les abonnés pourront encore souscrire ou garder une offre cuivre jusqu’en 2027.
Un calendrier bousculé, mais pas d’annulation
Initialement, l’opérateur historique prévoyait de mettre un terme à la commercialisation des offres ADSL au 31 janvier 2026, étape clé du démantèlement du réseau cuivre prévu d’ici 2030. Cette marche forcée vers la fibre vient d’être freinée : Orange a finalement annoncé un report d’un an de cette fermeture commerciale dans un quart des communes françaises, soit un peu plus de 8000 villes, pour environ 23 millions de logements et locaux professionnels.
Ce sursis ne remet pas en cause l’extinction totale du cuivre à l’horizon 2030, qui reste la boussole du plan Très Haut Débit lancé en 2013. En revanche, il acte clairement que le déploiement de la fibre n’est pas au niveau attendu, alors que l’objectif officiel était de couvrir 100% des locaux fin 2025 et que le pays plafonne autour de 94% de couverture. Pour comprendre cette erreur de timing, il faut regarder du côté de la réglementation officielle : l’Arcep exige que la fibre soit intégralement disponible dans une commune avant de couper l’ADSL, afin d’éviter de laisser des foyers sans accès fixe au haut débit. Tant que chaque logement n’est pas raccordable, Orange ne peut donc pas débrancher l’ASDL sans violer cet engagement de continuité de service.
On pourrait croire que les zones rurales sont les plus touchées, mais c’est tout le contraire. Dans les faits, ce sont surtout les zones d’initiative privée, c’est‑à‑dire là où les opérateurs déploient la fibre sur leurs propres fonds, qui posent problème. Les grandes agglomérations concentrent une bonne partie des retards, au point que près de 78% des communes très denses figurent dans la liste de celles où la fermeture commerciale de l’ADSL est repoussée.
Qu’est-ce que ça change pour les abonnés ?
Pour les habitants des 8000 et quelques communes concernées, le message est clair : il sera possible de souscrire une offre ADSL jusqu’au 31 janvier 2027, au lieu de 2026. Les abonnements existants, eux, continuent de fonctionner tant que le réseau cuivre local n’est pas physiquement fermé. En parallèle, plusieurs centaines de communes vont malgré tout basculer comme prévu vers la coupure définitive du cuivre dès le 27 janvier 2026, ce qui signifie la fin pure et simple de l’ADSL pour les clients concernés. Les habitants de ces territoires devront impérativement migrer vers la fibre – ou vers des solutions alternatives type 4G fixe, 5G fixe ou satellite – sous peine de se retrouver sans accès internet filaire.
Ce report d’Orange révèle les failles d’un chantier présenté pendant longtemps comme linéaire et maîtrisé. Entre objectifs politiques ambitieux, contraintes économiques locales et complexité technique du déploiement, la sortie de l’ADSL s’est avérée plus chaotique que prévue. La fibre reste dans le viseur, mais le calendrier va dépendre de la réalité du terrain.
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