Jusqu’à présent, Atlas avait surtout l’allure d’une star de la robotique en assurant le show à chacune de ses apparitions. Mais pour Hyundai, l’heure n’est plus au simple spectacle. Le constructeur a confirmé son intention de déployer le robot humanoïde développé par Boston Dynamics dans ses usines à partir de 2028, avec une intégration progressive à l’échelle mondiale.
Du show à la chaîne de montage
Qu’on se rassure, Atlas n’a pas vocation à remplacer brutalement les opérateurs humains. Conçu pour un usage industriel généraliste, il doit d’abord venir épauler les équipes sur les tâches les plus pénibles ou les plus risquées. Hyundai met en avant trois objectifs : soulager physiquement les travailleurs, améliorer la sécurité sur les lignes de production et préparer le terrain à une automatisation plus poussée. En revanche, le groupe reste prudent sur les détails : ni le nombre de robots déployés au départ, ni le coût du programme n’ont été précisés.
Hyundai est loin d’être isolé dans cette course. Amazon, Tesla ou encore le géant chinois BYD ont eux aussi affiché leurs ambitions autour des robots humanoïdes. Mais entre les annonces et la réalité industrielle, l’écart reste parfois conséquent.
Chez Tesla, Elon Musk a multiplié les prédictions sur Optimus, en promettant des milliers de robots dans ses usines dès le milieu de la décennie. Des objectifs qui n’ont pas encore été atteints, chacun connaissant la valeur (nulle, en général) des promesses du milliardaire. À l’inverse, Boston Dynamics revendique une approche plus pragmatique. Atlas est désormais entré en production commerciale et ses premières unités sont déjà réservées pour Hyundai.
Le robot affiche des caractéristiques pensées pour l’industrie : une conception entièrement électrique, des batteries échangeables à chaud, un fonctionnement possible entre –20 et 40 °C, la certification IP67, 56 degrés de liberté et des capteurs permettant une vision à 360 degrés. Atlas est aussi conçu pour limiter les risques lorsqu’il travaille à proximité d’humains, avec des systèmes capables d’interrompre automatiquement une action jugée dangereuse.
Boston Dynamics s’est aussi rapproché de DeepMind (Google) pour intégrer les modèles d’IA Gemini spécialisés dans la robotique. L’idée est de renforcer les capacités cognitives d’Atlas et d’améliorer son autonomie, notamment dans des environnements complexes. Une manière de prendre une longueur d’avance sur des concurrents encore largement au stade du prototype. Reste la question sensible de l’emploi. Conscient des inquiétudes, le vice-président de Hyundai, Jaehoon Chang, a rappelé que les humains resteraient indispensables, notamment pour entraîner, superviser et maintenir ces robots.
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